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''Les bonnes réponses ne peuvent venir que des bonnes questions. Posons les vraies questions, sans crainte, sans détour (...). Or donc, pour parler comme Léopold Sedar Senghor, la réponse au défi du phénomène migratoire contemporain ne peut être ni nationale ni bilatérale, elle ne peut être uniquement sécuritaire et répressive, elle doit être collective, multilatérale et trans-régionale, politique, diplomatique, économique, sociale, humanitaire, en plus d'être sécuritaire. En un mot, elle doit être concertée, multidimensionnelle et avant tout humaine'', a notamment dit M. Gadio, dans un discours prononcé à l'ouverture de la Conférence euro-africaine sur la migration et le développement.
Selon M. Gadio qui conduit la délégation sénégalaise composée notamment de ses collègues de l'Intérieur et des Collectivités locales, maître Ousmane Ngom, et du Plan et du Développement durable, Mamadou Sidibé, le Sénégal à commencer par le chef de l'Etat appréhende de la sorte le combat contre l'émigration clandestine, d'où le soutien très tôt affiché à la tenue des assises de Rabat.
En réalité, a-t-il expliqué, les autorités sénégalaises ont pris la juste mesure ''du très complexe phénomène migratoire dans ses multiples dimensions historiques, économiques, politiques, sociales et humanitaires. Phénomène qui est l'une des équations majeures des relations internationales en général et euro-africaines en particulier''.
Après avoir rendu hommage au Maroc pour sa ''belle initiative'' d'avoir initié et abrité la Conférence ainsi qu'à ses partenaires dans cette organisation, notamment l'Espagne et la France, le ministre d'Etat a invité les participants ''à avoir une pensée pieuse et de compassion à l'endroit des milliers d'êtres humains qui ont perdu la vie en mer Méditerranée, dans l'océan Atlantique ainsi que sur les sols européens et africains, victimes des horizons bouchés, des espoirs, des incompréhensions, de la manipulation des vendeurs d'illusions et parfois des réactions disproportionnées''.
Selon, il s'agit-là pour le Sénégal d'''une vaste tragédie qui se déroule sous nos yeux, à travers la Méditerranée et l'océan Atlantique. Tragédie dont la cause profonde et la responsabilité sont à rechercher de part et d'autre de ces espaces maritimes''.
Une fois ce travail fait et ''les responsabilités partagées'' bien situées, ''les routes migratoires seront désormais mieux cernées'' par les présentes assises qui devraient pouvoir s'entendre sur l'essentiel des actions à entreprendre, selon Cheikh Tidiane Gadio qui, pour ce faire, a invité ses pairs, dans leurs travaux, à ''remiser au vestiaires les belles convenances diplomatiques, les esquisses politiques et la langue de bois intellectuelle''.
Pour autant, a-t-il souligné, la migration qui, à l'instar de la mondialisation, est aussi vieille que l'humanité ''est à la fois porteuse d'opportunités, de défis et parfois de menaces d'exclusions et d'incompréhensions''.
Elle peut, partant de là, s'appréhender dans ''un esprit constructif'' si on la met en rapport avec le développement, a estimé Cheikh Tidiane Gadio, invitant à ce propos ses pairs à saisir les ''opportunités'' qu'offre la Conférence de Rabat et ''d'en limiter au maximum les impacts négatifs, tant pour les pays d'origine, de transit et de destination''.
Se réjouissant de ce que les assises ouvertes pour deux jours dans la capitale marocaine ait abordé le phénomène migratoire ''sous l'angle du développement dans une approche dialectique, prospective et holistique'', Cheikh Tidiane Gadio a souligné la nécessité d'''utiliser le potentiel de l'émigration comme facteur de développement, de modernisation et d'innovation de nos sociétés respectives''.
A ce propos, il a rappelé que la Conférence préparatoire de Dakar, tenue les 5 et 6 juin derniers, a dégagé ''trois axes programmatiques et opérationnels'' susceptibles d'apporter des ''résultats concrets'' à la lutte contre les flux migratoires : combattre solidairement l'émigration clandestine, promouvoir le développement dans les pays d'origine et organiser la migration légale dans les pays de destination. ''Le tout, a-t-il ajouté, devant se faire suivant un échéancier décliné à court et moyen terme''.
La Conférence, qui s'achève mardi, regroupe les ministres des Affaires étrangères et de l'Intérieur de 57 pays d'Europe (30) et d'Afrique (27), notamment ceux considérés comme pourvoyeurs d'émigrés clandestins, zones de transit et récepteurs des flux migratoires. L'Union européenne prend également part aux travaux de même plusieurs organisations internationale telles l'Union africaine et l'Organisation des Nations unies.
1 Commentaires
Allons Y Molo
En Octobre, 2010 (18:36 PM)Participer à la Discussion