C’est hier que le Doyen des juges d’instruction a entamé son travail d’investigation sur l’agression du journaliste de la Rfm Boubacar Kambel Dieng. Après l’audition de ce dernier, les témoins vont défiler devant le magistrat instructeur ainsi que les policiers agresseurs dudit journaliste.
Boubacar Kambel Dieng a déféré à la convocation du Doyen des juges d’instruction hier. Notre confrère était entendu dans le cadre de l’information judiciaire ouverte par le procureur de la République. Le face-à-face, qui s’est déroulé dans les locaux du Tribunal régional hors classe de Dakar, a eu lieu en présence d’au moins cinq avocats-conseils du journaliste de la radio Rfm. Il s’agit des Mes Baboucar Cissé, coordonnateur du Collectif des avocats de la défense, Baba Diop, Alassane Cissé, Jean Pascal Gomis et Joseph Etienne Ndione, porte-parole du jour. Arrivé aux environs de 9 heures, Boubacar Kambel Dieng ne quittera le bureau du juge que un peu avant midi.
«Vous comprendrez que je ne puisse pas m’étendre sur l’interrogatoire de notre client. Nous sommes tenus par le secret professionnel, surtout par le secret de l’instruction», avertit, dès l’entame de son propos, Me Joseph Etienne Ndione. Les règles du jeu ainsi fixées, le porte-parole du jour du Collectif des avocats constitués pour la défense des intérêts de Boubacar Kambel Dieng renseigne sur l’ambiance qui a prévalu dans le bureau du juge d’instruction. «Cela s’est très bien passé. Notre client a répondu à toutes les questions qui lui ont été posées, aussi bien par le Doyen des juges que par les avocats», annonce Me Ndione.
Si l’on en croit toujours Me Joseph Etienne Ndione, tout l’interrogatoire a tourné autour des circonstances dans lesquelles l’agression du chef du desk sport de la radio Rfm par des éléments de la Brigade d’intervention polyvalente (Bip) a eu lieu.
Rien d’autre n’a filtré du face-à-face entre Kambel Dieng et le Doyen des juges. Tout de même, les avocats du reporter sportif se disent confiants. «Nous avons saisi la Justice, parce que nous pensons que le droit sera dit. S’il ressort de l’enquête que des personnes sont incriminées, il n’y a pas de raison que ces personnes ne soient pas traduites devant le tribunal. Précisément, de les renvoyer devant le tribunal pour répondre des faits pour lesquels elles seront poursuivies», clame Me Ndione au nom de ses confrères, 31 au total.
L’audition de Boubacar Kambel Dieng pose ainsi le premier jalon de la procédure judiciaire entamée par le procureur de la République, qui a décidé de l’ouverture d’une information judiciaire, suite à la plainte du journaliste de la Rfm, au lendemain de son passage à tabac qui lui a coûté plus de vingt jours d’hospitalisation.
A ce stade des choses, «la prochaine étape est laissée à l’appréciation du Doyen des juges (et) aucune date na été retenue». Mais, il est bien envisageable que le journaliste, partie civile dans l’affaire, soit entendu de nouveau. «L’enquête va suivre son cours, et certainement on va entendre les éléments de la Bip. Et toutes les personnes, des témoins qui ont été cités, seront entendues dans le cadre de cette procédure», renseigne l’avocat qui ajoute qu’«après audition des personnes concernées, si le juge estime le moment opportun, il fera appel à Kambel pour, éventuellement, lui poser d’autres questions et pourquoi pas, procéder à une confrontation».
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