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Céder sa place dans un bus de transport en commun à une personne âgée est-il une habitude en passe d’être perdue ? Jeunes et vieux se renvoient la faute. Pour les premiers, ce n’est pas évident de donner sa place assise quand on a un long trajet à faire. Pour les vieux, les jeunes ne sont plus éduqués pour respecter leurs aînées. Quant aux femmes, elles sont victimes de la parité.
Le schéma classique dans un bus de transport en commun, c’est de voir les vieux bien installés sur les places assises, tandis que les plus jeunes sont debout et agrippés aux barres et autres dossiers des chaises. Ce tableau idéal est en train de se craqueler. Dorénavant, c’est plutôt le contraire qui se produit, résultat de la modernisation, mais surtout, en ce moment, du Ramadan. Dorénavant, les personnes du troisième âge doivent bien compter sur leurs vieilles jambes et les barres des bus de transport en commun pour vaquer à leurs occupations. Car les jeunes comptent bien garder leurs places assises, surtout en ce mois de Ramadan. La fin de journée est sans doute la période la plus éprouvante pour tous jeûneurs, confrontés à la faim, à la soif et à la fatigue. Certaines personnes cèdent difficilement leurs places assises dans les bus de transport en commun. Ce, même si c’est un grand-père qui est debout à leurs côtés. Déjà en temps ordinaire, pour un jeune, céder sa place dans les transports en commun fait rechigner. En période de Ramadan, pourtant propice aux actes de bienfaisance, le scénario est plus accentué. En Afrique, malgré les divers problèmes qui minent le continent, les vieillards peuvent se targuer d’être plus entourés que leurs congénères occidentaux. Non parqués dans des maisons de retraite, les vieillards sont entourés de leurs familles et bénéficient d’un très grand respect. Donc, c’est avec spontanéité qu’on leur cède les places dans les cérémonies et autres rencontres. Mais, c’est sans compter avec la modernisation et le changement des mentalités. Dorénavant, «papy» et «mamy» sont des personnes comme les autres, les traitements de faveur, surtout dans les bus commencent à relever du passé.
Astou Mbène est coiffeuse, la vingtaine, la jeune femme est couverte, de la tête aux pieds, Ramadan oblige. Si elle se couvre pour se soumettre, le temps d’un mois, aux préceptes de l’islam, la jeune femme se dit également prête à céder sa place dans un bus, mais à une condition : «Que le trajet que je dois effectuer ne soit pas long.» Au cas contraire «je ne cède pas, quelle que soit la personne debout à mes côtés», dit-elle, le rire gêné. Même en cette période de Ramadan ? Astou éclate de rire, hésite un peu, mais la réponse est toujours la même : «J’avoue que c’est un peu gênant, mais avec l’affaiblissement dû au jeûne, je ne donnerai pas ma place». Bintou Traoré rencontrée à la devanture de la police des Parcelles assainies, n’est pas du même avis qu’Astou. «Je n’aimerai pas voir ma mère debout dans un bus alors qu’un jeune est assis tout près», dit-elle. Avant de faire tomber la sentence : «C’est de l’indiscipline !» Des arguments qu’Aliou Dieng, vendeur de cartes de recharge téléphonique bat en brèche. Selon le jeune homme, «certaines personnes âgées font exprès de monter dans un bus plein à craquer, dans l’espoir de se voir offrir une place». Une astuce que le jeune homme dit ne pas cautionner. Sylvie Diandy, elle, a trouvé une tactique imparable. L’étudiante habite non loin du terminus de Diamalaye, une chance pour elle, car elle a toujours une place assise dans la ligne 39. Et encore, elle a même le loisir de choisir la place qu’elle veut. «Je choisis toujours la place le plus loin possible», confie-t-elle. Une place qui se trouve le plus souvent au fond du bus. «Comme cela, personne ne vient à côté de moi». Selon elle, pour se voir offrir une place, certaines personnes se mettent à côté des personnes assises et n’hésitent pas à s’appuyer sur elles.
Yaye Khady officie dans une boutique de pressing. Corpulente, la cinquantaine, la dame emprunte tous les jours la ligne 1 de Dakar Dem Dikk pour rallier le centre-ville de Dakar où elle travaille. Elle a rarement l’occasion de s’asseoir dans les bus, et «c’est pénible» surtout «à l’heure de la descente, en cette période de Ramadan». La dame déverse sa bile sur les jeunes qui, parfois, selon elle, font semblant de ne pas la voir. N’empêche, «il arrive que quelquefois, on me cède une place» mais c’est toujours, selon elle, l’œuvre d’hommes d’âge mûr, «jamais les plus jeunes».
Les femmes, victimes de la parité
Dans cette course aux places assises dans les transports en commun, les femmes sont, en général, les premières victimes. La parité est passée par là. Cette nouvelle loi a fini de tuer tout acte de galanterie de la part des hommes. Qui, comme s’ils en voulaient aux femmes d’oser se mesurer à eux, ne ratent aucune occasion pour ramener la parité sur la table. En effet, bon nombre d’hommes se basent sur cette loi pour conserver leurs places assises dans le bus. C’est le cas de Khassimou Diallo, boutiquier de son état. «Depuis le vote de la loi sur la parité, je ne cède plus ma place à une femme», dit-il. Une attitude qu’il justifie par le fait que «maintenant, elle est devenue l’égale de l’homme», dit-il avec un sourire en coin comme s’il se réjouissait de la situation. «Elles n’ont qu’à vivre la même chose que nous», tranche-t-il. Son compagnon, Thierno, abonde dans le même sens. «Elles (les femmes, Ndlr) ne doivent pas se plaindre, car ce sont elles-mêmes qui ont voté la loi». Même si les conditions physiques n’ont rien à voir avec la loi de la parité, certains hommes s’y agrippent fermement pour ne pas se décoller de leurs sièges.
12 Commentaires
?????
En Juillet, 2012 (21:02 PM)A????
En Juillet, 2012 (21:19 PM)Ghostbrown
En Juillet, 2012 (21:24 PM)La chose est simple que ceux qui veulent ceder leurs places n'ont qu'a continuer de ceder.
Que ceux qui ne veulent pas ne soient pas obliges Tout un chacun fait ce qu'il pense juste en son ame et conscience, du mment ou il est quite avec sa conscience.
Arretez de tirer a boulet rouge sur les jeunes way
Aissa
En Juillet, 2012 (22:08 PM)Les trajets en TATA .... c'est toute une histoire ! LOL
On cède toujours les places aux personnes agées, à part quelques petits rebelles qui font exprès de ne pas les voir se démerder pour s'appuyer quelque part.
Bref, je profite de cet article pour dénoncer une tendance dans les transports en commun ces temps-ci surtout les AFTU. Il s'agit des femmes qui portent des bébés derrière leur dos ou qui s'accompagnent de leurs enfants. Nombreuses sont celles-ci qui , maintenant , préférent entrer dans ces bus, souvent pleins à craquer alors que ce n'est vraiment pas idéal pour les bébés.
Je déplore vraiment cette nouvelle habitude. Mieux vaut prendre un taxi dans ces cas là. Bien vrai que les temps sont durs mais c'est un sacrifice pour le bien des enfants.
Aussi, les grandes dames, d'habitude très problématiques...qui occupent presque un espace pour 2 personnes sans oublier les éventuels bagages qu'elles veulent faire entrer. Il y a des fois où on est très vite énervé, avec la chaleur surtout.
Civilisés
En Juillet, 2012 (22:09 PM)Parfois c'est même de l’hypocrisie, je cède ma place aux personnes sus-indiquées et je me réserve d'apprécier si la personne est vraiment âgées. Un homme mur doit décliner l'offre de s'assoir....
Wa Salam
One Girl
En Juillet, 2012 (22:12 PM)@one Girl
En Juillet, 2012 (23:55 PM)Kfc
En Juillet, 2012 (07:27 AM)Dc je demande au ministre du transport dans la mesure du possible d etudier un dossier de ce genre car nous sommes un pays en voie de devellopement dc il serait judicieux de prendre en charge les problemes sociaux car notre societe tend a perdre les valeurs morales.
Koly
En Juillet, 2012 (09:02 AM)Depassage!!!
En Juillet, 2012 (10:29 AM)@pourquoi
En Juillet, 2012 (12:59 PM)Mari
En Juillet, 2012 (14:52 PM)Participer à la Discussion