Quelques jours seulement après l'exigence faite aux voyagistes privés de se conformer à un cahier des charges avant d'embarquer les pèlerins sénégalais, on connaît les raisons qui ont poussé le ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, Madické Niang, à mettre de l'ordre dans la grande pagaille relative à l'organisation du pèlerinage à la Mecque. Le commissariat au pèlerinage doit en effet 1,5 milliard aux logeurs sur l'édition de 2009, tandis que les voyagistes véreux jouent aux faussaires pour échapper à la «Fatwa » saoudienne.
En dehors de la mystérieuse présence de quelque 151 pèlerins, clandestinement acheminés sur les lieux saints de l'islam, lors, de la dernière édition du voyage culturel, dont ont fait état nos confrères du «Quotidien», d'autres manquements ont été décriés par le ministère saoudien du Hadj. Il s'agit, entre autres griefs, des factures d'hébergement des voyagistes privés et du Commissariat général à la Mecque restées jusqu'ici impayées. Nos sources renseignent que la commission (le Commissariat au pèlerinage) doit aux propriétaires immobiliers logeurs, environ 1,5 milliard de francs Cfa. Ce qui a suscité une vive préoccupation des autorités saoudiennes qui se sont plaintes auprès du chef de la diplomatie sénégalaise. Ces dettes qui concernent les opérateurs privés véreux, qui ont d'ailleurs été classés sur la liste noire des indésirables sur les lieux saints, sont incommensurables du fait de la complicité dont ils bénéficiaient auprès de partenaires établis sur place.
Le commissariat général reste devoir aux logeurs saoudiens 1,5 milliard Cfa
Le stratagème utilisé consistait à présenter un contrat signé avec un logeur saoudien attestant à priori que le voyagiste privé a atteint le taux de remplissage. Ce qui permettait au partenaire saoudien d'obtenir son agrément de logeur. Seulement beaucoup de ces propriétaires de réceptif et de maisons homologuées pour la circonstance qui devaient se faire payer a posteriori, ont été floués par ces voyagistes indélicats. Et aujourd'hui, l'ardoise consécutive à l'hébergement de ces pèlerins et restée non payée s'élève à plusieurs dizaines, voir centaines de millions de francs Cfa.
Une véritable industrie d'escroquerie découverte par les autorités saoudiennes en charge de l'organisation du pèlerinage lors de l'édition 2009, suite à une enquête approfondie menée sur les voyagistes Privés sénégalais. Les mêmes sources rapportent que l'affaire des factures d'hébergement et le non respect des normes dans certains logements, ont été à l'origine de plusieurs sanctions prononcées à l'endroit de célèbres voyagistes privés sénégalais, frappés d'interdiction de participer à l'organisation de pèlerinage à la Mecque par les autorités saoudiennes».
Les voyagistes tricheurs changeaient indéfiniment de raison sociale
Mais, c'était sans compter avec l'imagination fertile des Sénégalais et Sénégalaises s'activant autour de ce juteux marché du pèlerinage à la Mecque. Les voyagistes privés captent 60% des pèlerins, soit un peu plus de 6000 candidats au voyage. Et chaque pèlerin débourse 2 millions. Ce qui fait environ 1,2 milliard. Les véreux ainsi fichés en Arabie Saoudite, avaient reçu l'ordre de ne plus revenir avec des pèlerins à la Mecque. Mais à l'édition précédente, ils étaient encore de la partie. Ils utilisaient en effet des subterfuges comme le changement de raison sociale, c'est-à-dire de nom de Groupement d'intérêt économique (Gie) ou encore d'agence de voyage, en prenant le soin d’inscrire un fils, un neveu ou autre parent sur les documents requis afin d'échapper à la «Fatwa » saoudienne. D'autres inscrivent de grandes personnalités religieuses dans leur quota pour éviter d’être sanctionnés par l’Etat du Sénégal.
Source Le Populaire
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