
Cela devient une chanson que la Sénélec et sa tutelle serine à intervalle régulier : la dette énergétique des collectivités locales. Et pas des moindres : entre autres, Dakar, la capitale, Ziguinchor dont l’édile est…l’ami du ministre de tutelle, Touba la cité religieuse mouride hypersensible, Fatick dirigée par l’ancien Premier ministre Macky Sall, et Thiès tenue par Idrissa Seck la mouche de coche du président Abdoulaye Wade.
Ce mardi, le ministre en charge de l’Energie, Karim Wade et le directeur général de la société d’électricité ont, via la presse, remis le tube sur le disque rayer de la menace de couper le jus aux grandes municipalités débitrices.
La dette en question est évaluée à 12,6 milliards FCfa. Et le même Karim, à peine nommé ministre du secteur énergétique, était monté sur ces grands chevaux vers fin 2010 devant les députés à l’Assemblée nationale pour exiger « son » dû. Avant lui, son prédécesseur Samuel Sarr, s’y est essayé sans guère de succès.
La majorité des mairie concernées, dirigées par l’opposition de Bennoo, y a vue des menées…politiques. Mais, aussi incertain qu’il est, l’argument politique pèse moins lourd face à la question concrète de la dette croisée brandie par les collectivités locales en question. Sénélec leur doit en retour environ 15 milliards FCfa. La différente n’est pas à l’avantage des cris d’orfraie de Karim Wade.
Pourtant, feignant de l’ignorer, le département de l’Energie et la direction de Sénélec s’adonnent à une indignation sélective, comme si les 12,6 milliards signifiaient grand-chose face à la dette abyssale (150 milliards FCfa) et chronique que traîne la même société.
Il est vrai que la Sénélec est confrontée à un déficit tout aussi chronique de production (installations vielles et en pannes récurrentes) assortie à une tension de trésorerie qui rend aléatoire son approvisionnement en combustible. Cette est la résultante d’une mauvaise politique énergétique que n’a su redressée l’Alternance dix ans après être arrivée au pouvoir.
Devant les complaintes et la colère grandissante des consommateurs confrontés chaque jours à des délestages intempestives et l’ampleur de la tâche qui les attend, Karim Wade et le Dg de la Sénélec s’en remettent à la fuite en avant en se cherchant une tête de turc toute désignée : les mairies débitrices. L’arlésienne énergétique s’en trouve sublimée par une fixation sur les municipalités coupables en réalité de si peu. Du moins espère comme le duo surenchérisseur.
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