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Les militaires invalides et blessés de guerre en activité en ont marre de la ‘situation misérable’ dans laquelle ils se trouvent, depuis plusieurs années. Pour se faire entendre, ils comptent sortir la grosse artillerie, à travers une grande manifestation prévue le 1er juin prochain, qu’elle soit interdite ou pas.
Les militaires invalides et blessés de guerre reviennent à la charge. Cette fois, ce n'est pas le khalife général des mourides qui va les arrêter, comme ce fut le cas lors de leur première sortie. Ces protestataires comptent durcir le ton pour que prenne fin la situation misérable dans laquelle ils se trouvent, depuis des années. D’autant qu’ils disent ne pas comprendre le mutisme des autorités face à leurs revendications. Ils se sont exprimés par le biais de leur porte-parole, Ibrahima Ndoye. Le président des militaires invalides lance un cri du cœur : ‘Nous sommes arrivés à bout. Nous réclamons notre argent depuis 11 ans. Les séquelles de la guerre, nous les subissons jusqu’à ce jour. Nous avons sauté sur des mines en Casamance pour avoir combattu pour la paix au Sénégal. Et cela nous a valu des jambes amputées. Nos femmes et nos enfants ne sont pas pris en charge. Ils n’ont pas de cartes de soins. Nous n’avons pas de salaire normal et ne vivons que de notre pension. Même pas d’avance pour la tabaski alors que nous sommes en activité dans l’armée.’
Ces militaires invalides et blessés de guerre sont agacés par l’inertie des autorités du pays face à leurs doléances. Alors qu’à côté, l’on distribue des millions aux lutteurs et autres. Mais se refusant d'être les laissés pour compte de la société, ils sont déterminés à se faire entendre. Et leur porte-parole de faire part de leurs frustrations : ‘Le président Wade reçoit tout le monde. Il a offert de l’argent aux lutteurs. Mais il ne nous a jamais reçus. Nous ne voulons même pas y aller. Ce que nous voulons, c’est que l’on nous paye notre dû. Qu’on applique la loi parce que les autres Sénégalais ne sont pas plus valeureux que nous. Nous sommes en activité dans l’Armée sans salaire. Certains sont restés 14 ans sans salaire, moi 12 ans. Il est temps d’agir’.
Les autorités sont averties. Avec ou sans autorisation, la marche aura lieu, à les en croire : ‘Nous n’avons pas demandé d’autorisation et nous n’avons pas l’intention de le faire. Parce que nous sommes des militaires et nous réclamons nos droits. Le préfet s’est déplacé à deux reprises pour nous rencontrer. Il nous avait promis de régler le problème. Mais jusqu'à présent, rien n’a été fait. Nous voulons alerter tous les Sénégalais et prévenir les autorités pour qu’ils ne soient pas surpris le 1er juin. Nous voulons que le peuple sache que c’est en accomplissant notre devoir de les protéger que nous nous sommes blessés’.
Pour l'heure, les protestataires se gardent de révéler le contenu de leur plan d'action et leur lieu de regroupement. Et leur porte-parole s’en explique : ‘A chaque fois qu’on a annoncé notre plan d’action ou notre lieu de regroupement, les autorités ont pris leurs dispositions pour nous en empêcher. Les forces de l’ordre jalonnent toute la rue. Cette fois ci, nous ne communiquerons pas le lieu de rassemblement’.
Au final, les protestataires lancent un appel à toutes les autorités du pays, en particulier au Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye pour une diligence rapide de leur situation. Certains d'entre eux doivent aller en France pour se soigner des séquelles de la guerre, alors que d'autres ont été libérés de l’armée, sans aucune activité.
BABACAR FAYE (PRESIDENT DE L'AMICALE DES MUTILES DE LA CASAMANCE) : ‘Il y aura des dégâts si...’
‘Il y aura des dégâts si les autorités comptent nous barrer la route lors de notre marche du 1er juin prochain. Nous les prévenons : Nous allons impliquer des militaires en Casamance, du carré d’armes au camp des mariés. Ce sont des jeunes et nous allons les sensibiliser sur ce qui risque de leur arriver demain. Par la même occasion, ceux qui sont en activité, viendront se joindre à nous pour renforcer nos rangs. Nous savons tous ce qui s’y passe et si nous révélons le secret de l’armée, ce sera fatal pour l’Etat. La mort de notre frère d’armes, Bocar Bocoum, nous a beaucoup affecté. Nous avions alors délégué le président de l’Association nationale des invalides du Sénégal (Anamis) qui ne nous a pas rendu compte. Depuis que l’Etat leur a remis 13 millions, ils ne sont plus motivés à défendre notre cause’.
Maïmouna KEITA (Stagiaire) et Pape NDIAYE
9 Commentaires
Baba
En Mai, 2011 (02:48 AM)Ndeye Maguette
En Mai, 2011 (05:39 AM)Cd
En Mai, 2011 (07:44 AM)Camerouucad
En Mai, 2011 (08:41 AM)Pape Drame
En Mai, 2011 (10:30 AM)Gravissime
En Mai, 2011 (11:58 AM)T 79
En Mai, 2011 (12:26 PM)Ly Casimir Andre
En Mai, 2011 (13:01 PM)Brigadier Chef
En Mai, 2011 (13:12 PM)Participer à la Discussion