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(Correspondance) - Pendant longtemps, le gouvernement a été pointé du doigt dans le blocage constaté dans le processus de paix en Casamance. Pour certains comme pour le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc), les autorités sénégalaises se distinguent par un mutisme qui traduit la volonté de l’Etat de laisser pourrir les choses. Aujourd’hui, la preuve de cette ‘contrevérité’ vient d’être administrée par le Premier ministre qui donnait le coup d’envoi de la foire économique de Ziguinchor. Profitant de son séjour dans la capitale du sud où il a participé au festival international de Ziguinchor ‘Zig’Fest’, Souleymane Ndéné Ndiaye a dit toute la disponibilité des autorités sénégalaises à dialoguer avec le mouvement séparatiste casamançais. D’ailleurs, a-t-il révélé, le gouvernement a déjà constitué son équipe qui devrait aller à la table des négociations. A en croire le chef du gouvernement, qui réagissait ainsi à l’appel au dialogue lancé il y a quelques semaines par le commandant suprême du maquis, César Attoute Badiatte, cette équipe est dirigée par le ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, Bécaye Diop et comprend également des personnalités originaires de la Casamance.
Aujourd’hui donc, l’Etat, si l’on en croit Souleymane Ndéné Ndiaye est prêt à faire face au Mfdc. Si le mouvement irrédentiste casamançais en manifeste la volonté, rien donc ne s’oppose à l’ouverture de négociations pour le retour d’une paix définitive en Casamance, précise Souleymane Ndéné Ndiaye qui invite même le Mfdc à choisir le lieu. ‘Que ce soit à Ziguinchor, Oussouye ou partout sur le territoire national, le gouvernement est prêt à rencontrer le Mfdc’, précise le Premier ministre qui semble écarter cependant le choix de l’extérieur pour abriter d’éventuelles négociations entre le gouvernement et la rébellion casamançaise.
La balle est donc dans le camp du mouvement séparatiste casamançais qui a toujours désigné l’adversaire comme étant responsable du blocage constaté dans le processus de paix. Seulement, cette volonté de paix notée de part et d’autre risque de se heurter au choix du lieu devant abriter ces discussions. Car, lorsque l’Etat refuse d’aller au-delà des frontières nationales, le Mfdc, quant à lui, se montre toujours opposé à toute négociation à l’intérieur du Sénégal.
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