A la suite de la mort de leur compatriote prostituée, deux Nigérians, Vicente Agbon Lahor et Adémola, un tradipraticien et son interprète Demba Sy comparaissaient devant les juges correctionnels de Thiès pour répondre des délits d’avortement, de complicité et de proxénétisme. Courant l’année 2005, Vicente Agbon Lahor va contacter son compatriote Adémola, un guérisseur établi au quartier Angle Serigne Fallou à Thiès pour l’aider à enlever la grossesse que portait sa copine, une prostituée nigériane. Après avoir absorbé le breuvage que le guérisseur lui a donné, Betty a trouvé la mort. Sa mort est-elle due au breuvage qu’elle avait ingurgité ? Accusations qui ont été rejetées par les deux Nigérians. Vicente Agbon Lahor se défend d’avoir contacté Adémola pour soigner une toux chronique dont souffrait sa copine. Tandis que le guérisseur soulignait n’avoir pas tenté un avortement.
Toujours est-il que son état de santé s’était d’avantage détérioré après avoir absorbé le breuvage. A l’hôpital où elle avait été acheminée, l’analyse médicale a décelé que le produit était toxique non sans dire qu’il était la cause du décès de la Nigériane. Dans son réquisitoire, le parquet a estimé qu’il ne résulte pas dans le dossier des preuves pouvant entrer en voie de condamnation pour le guérisseur et son interprète mais en revanche a demandé de retenir Vicente Agbon en prison pendant deux ans pour avoir utilisé des subterfuges ayant entraîné la mort de Betty et de le poursuivre également pour proxénétisme. Maître Mbodji, l’avocat de Vicente Agbon a soutenu que le parquet n’a pas apporté des preuves que les produits sont vénéneux et de poser la question « pourquoi doit-il être condamné alors que le parquet a requis la relaxe au bénéfice du doute pour l’auteur principal ? ». Pour l’avocat, en conclusion, il se pose également la question des raisons qui ont empêché le médecin d’ordonner une autopsie s’il y a eu mort suspecte. Après avoir délibéré, le tribunal a relaxé Adémola et Demba Sy et a condamné Vicente Agbon à six (06) mois ferme pour proxénétisme après l’avoir relaxé de complicité d’avortement.
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