Fidèle à son style, le ministre de l’Agriculture Farba Senghor n’a pas mis de gants pour dénoncer les acteurs et le système qui, pour la plupart, ont causé la détresse paysanne. Il a commencé par exiger l’élimination des intermédiaires dans la collecte de l’arachide. Pour lui, ces groupements et autres organisations qui jouent le rôle de tampon entre les huiliers et les paysans, n’ont apporté que des difficultés à la filière arachidière. Les intermédiaires et autres organisations de producteurs qui ont commencé à intervenir dans le domaine, notamment dans la distribution des semences, de l’engrais, des intrants, du matériel et surtout de l’achat des graines en 2002 suite a la dissolution de la Sonagraines ont sans aucun doute participé aux difficultés notées dans le monde rural. La Sonacos a aussi reçu sa part des attaques du ministre qui exige dare-dare un « audit industriel » pour connaître réellement le coût de la transformation pour augmenter les prix proposés aux producteurs. Farba Senghor qui a indiqué qu’il n’est pas d’accord avec la subvention par l’Etat des campagnes agricoles, propose en lieu et place de cette somme dégageé qui, « pour la plupart profite à la Novasen, la Sonacos et la Cit », que les prix aux producteurs soient revus à la hausse, pour soutenir le monde rural. En ce qui concerne la Sonacos, le ministre compte diligenter un audit industriel pour connaître « concrètement » les problèmes. Citant une étude qui a été menée, Farba Senghor montre que pour une tonne d’arachides, le paysan gagne 4000f, l’intermédiaire 7000f et l’industriel 37.500f.
La Sonacos prend le contre-pied du ministre
Le directeur général adjoint de la Sonacos, Babacar Diagne, qui a parlé au nom du directeur général, Francis Ambroise, n’est pas d’accord avec les arguments de Farba Senghor. En effet, Babacar Diagne estime que les intermédiaires ont rendu un grand service à la commercialisation. Ajoutant cependant que si les paysans sont prêts à s’organiser pour faire le travail des Ops, les intermédiaires pourraient être éliminés. Concernant l’audit évoqué par la tutelle, Babacar Diagne donne une appréciation positive, parce que dit-il, « l’étude qui montre que l’usine exploite les producteurs est erronée », souligne-t-il. Le directeur de la Caisse nationale de crédit agricole pour sa part, explique l’échec de la présente campagne par le manque de financement car les dettes de l’année dernière ne sont jusqu’à présent pas honorées.
Une innovation saluée
Toutes les structures du pays regroupant le monde rural qui ont tenu a faire le déplacement à Mbirkilane et à Koumbgal ont apprécié la démarche. En toute liberté, les différents orateurs ont vider « leur sac » sur l’Etat, la Sonacos, les intermédiaires ...disant haut et fort qu’il faut revoir le secteur car « il est en danger » avec certainement la pire campagne arachidière de l’histoire de cette culture de rente. Les représentants des transporteurs, du Comité national interprofessionnel de l’arachide, ont tous pris la parole pour étaler leur désarroi face aux difficultés notées dans l’agriculture, et principalement dans la filière arachnide, un pan important de notre économie. Farba Senghor s’est engagé à faire parvenir à temps les semences, l’engrais mais aussi de tout faire pour que la campagne agricole prochaine soit une réussite. Il a également promis du matériel agricole et des concertations régulières avec le monde rural.
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