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‘La leçon que nous pouvons tirer de la démission de Paul Wolfowitz de la présidence de la Banque mondiale (Bm), c'est qu'elle renforce et crédibilise le système de gouvernance interne. Le système est plus fort que la personne. Les hommes passent, l'institution demeure. Et il y a des systèmes de gouvernance qui font que nul n'est au-dessus de la loi. Le message, c'est que nous ne sommes pas au-dessus des règles, ni chez nous, ni ailleurs. Si nous avons été aussi durs avec Wolfowitz, imaginez-vous que nous ne serons pas tendres avec les autres. Nous ne gérons pas les rumeurs. Mais si nous avons des preuves que l'argent ou les deniers publics ont été détournés, il est clair que nous ne serons pas tendres’, a déclaré, avant-hier, en substance le directeur des Opérations au Sénégal de cette institution des Breton Woods.
M. Madani Tall, qui réagissait ainsi à l'interpellation de quelques participants sur ce sujet lors d'un dîner-débat organisé par l'Association sénégalaise des anciens élèves auditeurs de l'école nationale d'administration (As-Ena) de France a confirmé les négociations qui ont eu lieu autour de la démission de Paul Wolfowitz. ‘C'est vrai qu'il y a eu des négociations sur la démission de Wolfowitz entre le Conseil d'administration de la Bm et le gouvernement américain qui est le plus grand donateur de l'institution. Les Américains ont quand même leur mot à dire. L'essentiel, c'est de discuter avec ces derniers pour que nous ayons le meilleur président possible à la Bm pour la succession de Paul Wolfowitz. Qu'il soit Américain ou non, à la limite ce n'est pas important. Ce qui est important, c'est d'avoir quelqu'un de compétent’, a déclaré Madani Tall, avant de tourner la page de cette très récente histoire. ‘Donc, l'affaire Paul Wolfowitz est un dossier clos’, a-t-il dit.
Cependant, Madani Tall garde malgré tout un bon souvenir du président démissionnaire. ‘La personne qui a fait le plus de bien à la Banque mondiale, c'est Paul Wolfowitz. Quand ce dernier est venu dans l'institution, il a dit deux choses : ‘ J'entends que les cadres de cette institution sont arrogants. Ca, c'est un. Deuxièmement, ils sont très détachés de la réalité des pays’. ‘Je pense que cette image négative de la Bm a changé avec l'arrivée de Wolfowitz à la Bm’, a-t-il témoigné.
Selon M. Tall, la Bm s'est mise a écouté tout le monde. ‘Nous ne faisons désormais jamais de consultation sans avoir écouté la société civile, les Organisations non gouvernementales (Ong), les médias. Ce n'est pas parfait, mais l'institution a évolué. Nous sommes à l'écoute de nos partenaires.’
Mais il continue à considérer que la mal gouvernance et la corruption sont les plus grands obstacles au développement. Car, souligne-t-il, elles augmentent la richesse d'une minorité au détriment de la majorité.
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