Gaz à effet de serre ou changement climatique, ces phénomènes inquiètent les scientifiques sénégalais. C’est dans ce cadre que le Laboratoire national de recherche sur les productions végétales (Lnrv) a orgnisé, avant-hier, dans les locaux de la Direction générale de l’Isra (Institut sénégalais de recherche agricole), une conférence sur l’inventaire des gaz à effets de serre.
“Le Sénégal subit, comme tous les pays de la planète, les effets du changement climatique. Les prévisions nous disent qu’il faut s’attendre à une plus grande variabilité du climat (…) avec des évènements extrêmes qui peuvent provoquer des sécheresses prolongées, des inondations, des périodes de froid et de chaleur hors normes ”. Ces propos sont du Dr Mamadou Khouma, directeur du projet régional du Pnud-Gef sur les inventaires des gaz à effet de serre en Afrique de l’Ouest et du Centre qu’il a présidé le 27 mars, dans les locaux de la direction générale de l’Isra.
Le thème de cette rencontre qui a vu la participation de plusieurs chercheurs était “ Inventaire des gaz à effet de serre : quelles opportunités pour les chercheurs” ? Un sujet qui a permis aux participants d’aborder les questions liées à la protection de l’écosystème.
Le Dr Mamadou Khouma, dans sa communication, a repris le dernier rapport du groupe intergouvernemental d’étude sur l’évolution climatique qui indique que le dioxyde de carbone (Co2) émis par les activités humaines telles que le brûlage des combustibles fossiles continuera à contribuer au réchauffement climatique et à l’évolution du niveau des mers au cours du prochain millénaire. Le niveau de ces mers s’élèvera de 28 à 43 centimètres d’ici 2100, annonce le conférencier du jour. Le Dr Khouma, poursuit en disant que ce scénario est inévitable, même si les émissions sont immédiatement réduites à zéro. Il indique aussi dans son exposé que les changements climatiques pourraient conduire à l’extinction d’un tiers des espaces de plantes et d’animaux dans le monde si les émissions de gaz à effet de serre demeurent inchangées. Ce qui ferait que des milliards d’individus, particulièrement dans les pays en développement souffriront, car ils dépendent de ces ressources et de leurs services essentiels. A titre d’exemple, le Dr Khouma cite la nourriture, la construction et la pharmacopée.
Au niveau de l’Afrique, notamment l’Afrique Sub-saharienne, les conséquences directes du changement climatique sont la baisse des rendements des cultures dans les régions où l’on s’attend a plus de chaleur et de sécheresse. A cela, il faut ajouter l’invasion du sel dans les zones estuariennes (riziculture). Ces phénomènes climatiques auront un impact sur la mangrove aussi, signale le Dr Mamadou Khouma. Les effets du changement climatique pourraient, selon le Dr Khouma, réduire la force de travail rural en raison de l’expansion des zones de paludisme endémique. Le riz n’est pas épargné par les effets des gaz à effet de serre car la plante, avoue Mamadou Khouma, risque d’être affectée, ce qui réduirait le rendement du grain d’environ 10 %. Les pays de l’Afrique Sub-saharienne dont le Sénégal devraient prendre des mesures qui leur permettraient de s’adapter à ces changements climatiques. Le Sénégal s’est inscrit dans cet élan, car notre pays, annonce le Dr Khouma, a déjà soumis un premier inventaire de ces gaz à effet de serre dans le cadre de sa communication nationale adressée à la Convention des Nations unies sur les changements climatiques. Cet exemple du Sénégal doit être suivi par d’autres pays car chaque état, lance le Dr Khouma, a l’obligation de faire des efforts qui lui permettront de limiter les émissions de gaz à effet de serre.
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