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Mi avril, le 18 précisément, des jeunes de Rewmi faisaient un communiqué pour dire toute leur désapprobation après la décision de leur parti de boycotter les élections législatives du 03 juin prochain. Abdou Soulèye Kidiéra, ancien N°2 des Fidel et responsable de Rewmi à Koungheul (il fut le président du comité électoral), Thierno Ibrahima Sané, ancien Secrétaire administratif des Fidel et responsable des jeunesses de Rewmi dans le département de Bignona, Ameth Fall et Moussa Sow, respectivement membres du Bureau politique des Fidel et responsable politique à Thiès, et Eric Bernard Ndour, ancien membre du Bureau politique des Fidel et responsable des jeunesses du Rewmi dans le département de Mbour, les initiateurs de cette « fronde », créaient ainsi le courant « Dëgg ay mujj » et légitimaient leur mouvement par le fait qu’ils considèrent cette décision de boycott inopportune et irréfléchie. « En effet, pourquoi aller aux présidentielles sur la base de ce même ficher qui a été audité par leurs experts et évoquer aujourd’hui le manque de fiabilité, après avoir été battu à plate couture par Wade, n’est-ce pas une fuite en avant de l’opposition ? Par ailleurs, nous pensons que Idy sera le plus grand perdant dans ce boycott, car Tanor comme Niasse savent qu’ils ne pourraient avoir plus de 5 députés et au risque de se faire ridiculiser encore, ils ont fait tomber Idy dans ce piège de boycott. Nous refusons dès lors de participer à ce que nous assimilons à du suicide collectif et pensons qu’il est temps de prendre nos responsabilités, notre avenir politique en main », soutiennent-ils. Qui plus est, ils trouvent beaucoup à redire sur la manière dont la décision a été prise. « Nous pensons qu’il y a un manque de considération de la part des responsables à l’endroit des militants à la base, qui n’ont été informés qu’à travers la presse sans aucune explication qui tienne la route. Nous pensons qu’il n’est pas du tout responsable de boycotter dans ces conditions », disent-ils, en laissant entrevoir leur volonté d’aller aux élections « en soutenant un parti ou une coalition de partis ». Ces frustrés du parti Rewmi ont décidé de mener une sensibilisation dans les différentes localités de la région méridionale pour expliquer les raisons de la création de ce courant. Coup de bluff ou pas ? Ces jeunes renseignent que leur mouvement fédère beaucoup de sympathie au sein de la formation d’Idrissa Seck et commencent même à avancer des noms de responsables dans la région Sud du pays : Chérif Talibouya Aïdara (Copsis) de Ziguinchor, Moussa Sané dit « l’eau ne coule pas », Dr Balla Moussa Diédhiou de Bignona ainsi que les jeunes du département. « Même si le choix reste pour le moment secret, beaucoup de responsables et militants approuvent notre démarche et adhèrent à ce courant, car se disant trahis par Idy qui a préféré aller se la couler douce en France au lieu de donner une explication plausible aux militants, car celle fournie jusque-là ne les a pas convaincus ». Un argument qui apporte beaucoup d’eau au moulin de tous ceux qui pensent que ces jeunes bénéficient du soutien de la vice-présidente de Rewmi Awa Guèye Kébé. Cette dernière, travaillée au corps par le pouvoir libéral et ayant mis en veilleuse ses activités aux côtés d’Idrissa Seck, doit, selon diverses sources concordantes, rencontrer des membres du courant. Car nos sources persistent sur le fait que Awa Guèye Kébé même si elle n’est pas derrière la création de cette initiative, ne s’en réjouit pas moins : « Awa Guèye Kébé approuve et cautionne même » car étant partisane de la libre expression et de la critique. Mieux nos interlocuteurs croient savoir que la vice-présidente de Rewmi partage avec ces jeunes les raisons objectives de leur dissidence. Tout comme elle, ces derniers décrient la gestion du parti par certains responsables. Par ailleurs, tout comme Awa Guèye Kébé est annoncée au Pds, ces jeunes de Rewmi qui ont débauché de gros calibres de Rewmi dans le Fogny (Bignona), le Kassa, à Oussouye et à Ziguinchor, n’excluent pas aujourd’hui une alliance même avec leur ancienne famille libérale.
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