Il s’est pointé à la Cnlcc à 10 heures 20, et en est ressorti à 12 heures 56. Seul, sans protection, à la garde de Dieu. Avec un air fier. Fier d’avoir effectué un devoir citoyen, et cette fois, avec toutes les preuves en sa possession. Car, contrairement à ce que pensent certains, Abdoulatif Coulibaly a bien mesuré la gravité de l’acte qu’il a posé et des conséquences qui peuvent en découler.
«Loterie nationale sénégalaise, Chronique d’un pillage organisé, lettre au président de la commission nationale de lutte contre la corruption», n’a pas fini de livrer ses secrets. L’auteur de la Lettre, en l’occurrence Abdoulatif Coulibaly, a fait face à la Commission nationale de lutte contre la non-transparence, la corruption et la concussion (Cnlcc) pendant deux heures de temps. L’écrivain journaliste a présenté toutes les preuves qu’il détient à la Cnlcc. Et à en croire des sources proches du dossier, Latif Coulibaly a même brandi d’autres preuves qui ne sont pas dans le livre. Certainement pour des questions de stratégie. En tout cas, il est sorti comme il est entré hier à la Cnlcc. C’est-à-dire très serein, sourire aux lèvres et un gros cartable à la main. Et face aux journalistes qui ont fait le pied de grue devant la commission, il a laissé entendre qu’il n’écrit rien sur la base de légèretés. Refusant d’entrer dans les détails de son audition, M. Coulibaly a tout simplement déclaré qu’il est fier en tant que «bon citoyen, d’avoir dit tout ce qu’il sait sur la Lonase». Et il espère que c’est ce qui a motivé la mise en place de la Cnlcc par Me Wade, un 31 décembre 2003. Mieux, il reste à la disposition de cette structure. Même pour une confrontation si telle est la volonté de la Cnlcc. Du côté des membres de la Cnlcc, c’est l’omerta. Le dossier est trop sensible pour qu’ils communiquent déjà dessus. Mais tout ce qu’ils peuvent dire, c’est que tous les acteurs seront entendus dans les plus brefs délais. Et Baïla Wade sera certainement entendu la semaine prochaine.
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