Le secrétaire général du Parti de l’Indépendance et du Travail (Pit) fait face ce vendredi au juge. Amath Dansokho est poursuivi dans le cadre de l’affaire dite des 440 milliards. On se rappelle, en effet, que lors d’une conférence de presse tenue par le Pit à son siège au quartier Khar Yalla, Dansokho et ses camarades de parti avaient attiré l’attention de l’opinion sur la somme faramineuse des 440 milliards qui auraient quitté le Sénégal pour être logés dans des banques arabes.
D’ailleurs, c’est pour la même affaire que M. Ibrahima Sène du Pit avait été interpellé par les éléments de la Division des investigations criminelles (Dic). M. Sène avait été, par la suite, placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Rebeuss. Traduit devant la barre, il a finalement été relaxé au bénéfice du doute. Quant à Amath Dansokho, il avait été auditionné une première fois par les policiers de la Dic, mais il refusera de déférer à une seconde convocation. Finalement, le procureur l’a traduit devant le tribunal des flagrants délits. Et son procès avait été renvoyé pour ce vendredi. Toutefois, le procès d’aujourd’hui risque d’être celui de l’alternance. Amath Dansokho n’étant pas de ces hommes politiques qui ont leur langue dans la poche, il est fort à parier que le leader du Pit ne se fera pas prier pour dire ses "vérités" au tribunal. Déjà Amath Dansokho annonce la couleur en chargeant le tout nouveau lauréat du prix Houphouët-Boigny pour la paix "ses méthodes sont mafieuses et criminelles". Pour lui le chef de l’Etat n’a rien d’un démocrate. "C’est un monarque et un anti-démocrate. Tous les actes qu’il a posé depuis son arrivée au pouvoir le prouvent", assène-t-il en attendant le procès. Par ailleurs, de sources dignes de foi, les avocats de Dansokho sont en train de peaufiner la meilleure stratégie de défense pour leur client qui ne pourra pas compter sur les témoins sensibles cités pour sa défense. Il s’agit, entre autres, du chef d’Etat major des forces armées, du commissaire Assane Ndoye de la Dic, de l’inspectrice générale d’Etat Nafi Ngom Keïta, du journaliste Abdou Latif Coulibaly... Des témoins dont la majorité a décidé de faire défection. Déjà, préviennent certains observateurs, si Dansokho parle, ça fera mal pour Wade et son régime.
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