L'Etat du Sénégal a remboursé à la Cbao un prêt de 2 milliards de francs contracté auprès de cette banque de la place par Ibrahima Abou Khalil Bourgi dit Bibo. C'est la principale révélation qui est sortie de l'audition lundi, par la commission d'instruction de la Haute Cour de justice, du directeur général de la Cbao, Patrick Mestrakllet. Et elle en laisse pantois plus d'un.Ibrahima Abou Khalil Bourgi dit Bibo était le bénéficaire du fameux prêt de 2 milliards contracté auprès de la Cbao et dont on disait que c'est l'Etat du Sénégal qui l'a reçu pour se payer des véhicules de marque Peugeot. C'est le directeur général de la banque en question, Patrick Mestrakllet, qui a fait cette révélation, hier, lors de son audition par la Commission d'instruction près la Haute Cour de justice. Selon le Dg de la Cbao, ce prêt avait été accordé à Bibo Bourgi après que Karim Wade s'est porté caution jusqu'à hauteur de 500 millions de francs Cfa. Pape Diop, le président de l'Assemblée nationale et non moins maire de Dakar, avait aussi couvert le bénéficaire en portant garant jusqu'à hauteur 200 millions de francs Cfa.
Ces révélations vont, à n'en pas douter, soulever moult interrogations. Pourquoi Karim Wade et Pape Diop ont-ils senti le besoin de servir de caution personnelle à Bibo Bourgi pour une somme aussi énorme de 2 milliards de francs Cfa ? Pourquoi la Cbao a-t-elle accepté de prêter 2 milliards de francs Cfa à quelqu'un qui n'avait d'autre bien à mettre sous hypothèque que son amitié avec le fils du président ? A quoi cet argent était-il destiné ? Et à qui ? Nombre d'observateurs se sont demandés si Bibo Bourgi était le véritable destinataire de ce prêt.
Tout ce que l'on sait, c'est qu'effectivement, ainsi que l'a confirmé le Dg de la Cbao à la commission d'instruction, ce prêt qui a été consenti à un particulier qui n'a rien à voir avec l'Etat du Sénégal, a été remboursé par le même Etat du Sénégal. Ce qui confirme Idrissa Seck quand il déclarait le 23 décembre dernier, aux magistrats instructeurs qui l'entendaient sur le fond de l'affaire des chantiers de Thiès qu'il avait, à l'époque, puisé dans les fonds politiques pour payer ces 2 milliards de francs Cfa. Pour ce faire, ces fonds politiques avaient, au préalable, été alimentés sur la base de l'argent provenant du gouvernement kowétien et destiné à l'Etat du Sénégal, par conséquent au Trésor public. Idrissa Seck savait-il à qui cet argent qu'il avait remboursé, avait été prêté ? Apparemment non puisqu'il avait défendu mordicus devant la commission d'instruction qu'il était destiné à de véhicules de marque Peugeot pour l'administration.
Hier, également, la Commission d'instruction, toujours relativement aux fonds politiques, a entendu une dame du nom de Ndappa Ndaw Diagne. C'est à elle, selon nos sources, qu'Idrissa Seck remettait l'argent tiré des fonds politiques et destiné à des bénéficiaires désignés. Mme Diagne était l'assistante d'Idrissa Seck lorsque ce dernier était directeur de cabinet du chef de l'Etat. Mais, auparavant, elle avait travaillé à la Bceao d'où elle avait été détachée à la présidence de la République à la demande d'Idrissa Seck.
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