Elles se convertissent en domestiques pendant les grandes vacances pour pouvoir s’acheter de fournitures scolaires et quelques besoins primaires. Ces collégiennes viennent pour la plupart des villages ou des autres régions. Elles n’ont hélas pas la possibilité de profiter des délices des grandes vacances.
Elles ne font pas parti de ces filles qui remplissent les plages pendant les vacances. Les cours de renforcement pendant cette période de grand répit ne les tente pas non plus. Exception à la règle qui définit les vacances comme un moment attribué aux élèves pour se reposer, elles ne peuvent en profiter parce que appelées à d’autres fins. Elles, ce sont ces jeunes collégiennes et ou lycéenne issues des villages ou des régions et qui passent leurs vacances à servir de domestique dans la capital.
Loin du confort et de la belle vie dont disposent leurs camarades des villes et une petite minorité vivant dans leur villages d’origine, elles sont obligées de monnayer leur temps libre contre de modiques sommes qui leur sont attribuées comme salaire mensuel pendant les trois mois hivernaux. Elles sont pour la plupart, issue de familles démunies qui sont dans l’incapacité de satisfaire leurs besoins primaires.
Et pourtant, elles doivent affronter la dure épreuve de l’achat de fournitures scolaires, et de quelques habits pour ne pas être la risée de leurs compagnons d’étude à l’ouverture des classes. Toutefois les difficultés rencontrées sont énormes et obtenir le boulot tant convoité, est parfois impossible : « je suis depuis le début des grandes vacances à la recherche d’un travail et tous les matins je viens avec l’espoir d’obtenir un boulot », renseigne Mamy Diouf originaire du village de Dioffior et élève en classe de seconde.
Selon elle, « il peut arriver qu’on passe la totalité des vacances sans travail. C’est la raison pour laquelle beaucoup d’entre nous ont fini par abandonner les études ». Mais, celles qui viennent d’un même village s’entraident. Il suffit juste que l’une d’entre elles obtiennent un salaire de 25 000 f CFA pendant trois mois, pour que tout le groupe obtienne ses fournitures parce qu’on peut ne pas avoir la même chance l’année prochaine et dans ce cas c’est son prochain qui vient à son chevet.
Assise à même le sol sur les abords de la route de Liberté 6, Coumba Sarr abonde dans le même sens. Pour elle, leur « seul souci reste l’obtention du matériel didactique parce qu’elles sont en général parmi les meilleurs élèves de leur établissement ». Trouvée sur les lieux, la grande soeur à cette dernière qui a requis l’anonymat est une nouvelle bachelière. Elle est venue à Dakar pour finaliser son dossier d’orientation parce que titulaire d’une bourse pour le Maroc. Elle se confie : « j’ai alterné études et travaux domestiques depuis dix ans. Cependant, l’idée d’abandonner les études ne m’a jamais effleuré l’esprit parce que voir ma tante braver les travaux champêtres pour subvenir à nos besoins, était une source de motivation pour moi. Nous avons perdu nos parents et notre oncle, professeur d’université ne fait rien pour nous venir en aide c’est pourquoi nous n’avons pas le droit d’échouer ». Une histoire pathétique, mais un bel viatique pour demain.
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