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Voulant voir clair dans le versement de près de 3 milliards de francs de l’Agence nationale des Aéroports du Sénégal aux Allemands de Daport, le nouveau ministre des Transports aériens a, dès sa prise de fonction, demandé aux différentes parties de lui donner des justifications précises et détaillées, sous peine de rupture de contrat pour les uns, et de sanctions pour les autres.
Pendant des années, la société Daport, qui à l’origine, devait gérer la plateforme aéroportuaire de Dakar (Lss), a reçu de l’Agence nationale des Aéroports du Sénégal (Ads), l’équivalent de 90 millions de francs Cfa par mois. Dès sa prise de fonction, le ministre des Transports aériens, Mor Ngom, a demandé à voir clair dans cette affaire, et demandé aux différentes parties de justifier ces versements. Le directeur Mbaye Ndiaye a été interpellé sur la question, ainsi que le directeur général de Daport, M. Helfer.
Mise en demeure
Ce dernier n’a même pas eu le temps de dire ouf. Il se raconte dans les couloirs du ministère que, étant venu rendre une visite de courtoisie au ministre, le directeur de Daport a été illico interpellé par ce dernier, qui lui demandait des explications sur les prestations que sa société fournissait aux Ads, et qui justifiaient ce paiement. Pris de cours, l’Allemand a bafouillé une réponse qui a semblé l’enfoncer un peu plus. Devant la réplique du ministre, M. Helfer s’est refugié devant sa mauvaise pratique de la langue française, et a demandé un temps de répit, afin qu’il puisse fournir une réponse écrite. Depuis lors, il a voulu s’enferrer dans un silence de mort. Cela ne l’a toutefois pas tiré d’affaire, parce qu’il a été relancé la semaine dernière, par une correspondance officielle du cabinet du ministre. Ce dernier est allé jusqu’à déclarer qu’un défaut de réponse de la part de Daport serait interprété par les autorités sénégalaises comme un motif de dénonciation du contrat.
C’est dans cette atmosphère de mise en demeure de la part des autorités aéroportuaires que Le Quotidien a contacté les dirigeants de Daport. Et la réponse de Herr Helfer a été des plus sèches. Dans un français rendu encore plus approximatif, il a déclaré : «Le contrat qui nous lie avec Daport concerne deux partenaires, et je ne vais pas en parler dans la presse, surtout pas en ce moment !» Sur la question de savoir s’il reconnaissait les paiements des 90 millions mensuels versés par Daport, il n’a pas nié toutefois, ajoutant que cela ne concernait pas la presse. Une réponse quasiment identique à celle fournie par le directeur Mbaye Ndiaye, qui a toutefois affirmé que tout ce qu’il a eu à poser comme actes de gestion l’a été en accord avec sa hiérarchie.
Cette précision faite, M. Ndiaye, qui s’est au passage, plaint de faire l’objet d’un lynchage médiatique ces derniers temps, a également déclaré que ses supérieurs ayant été informés de la cause des paiements effectués au bénéfice des Ads, il ne voyait pas le besoin de s’en étendre dans la presse. Il faut croire pourtant, selon les déclarations venant du cabinet du ministre, que M. Ngom n’a pas été vraiment convaincu par les affirmations du Dg des Ads.
Projet avorté
La société allemande Daport, présentée comme une filiale de l’allemande Fraport (Aéroports de Francfort), est venue au Sénégal initialement, pour prendre la gestion du futur aéroport de Diass. Néanmoins, selon les raisons officielles, pour permettre aux Allemands de se familiariser aux normes de travail du Sénégal, et aux Sénégalais de bien maîtriser la technologie qu’ils allaient mettre en place, il avait été prévu de leur laisser la gestion de l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar (Lss). Il se disait que les Allemands, qui avaient été en compétition avec les Français des Aéroports de Paris, avaient été retenus parce qu’ils s’étaient engagés à reprendre tout le personnel de Lss. Leur entrée en fonction devait intervenir cette année. Un décret avait même été pris par le président Wade, pour formaliser la passation des pouvoirs au premier avril dernier, avant qu’il ne soit suspendu à la demande des Allemands, pour finir par être abrogé par le nouveau pouvoir. Avec cette affaire de paiements, que le journal l’EnQuête avait en mars dernier, estimés à 2,5 milliards de francs, il n’est pas sûr que les relations entre les acteurs de la plateforme aéroportuaire et leur tutelle s’améliorent.
14 Commentaires
Dd
En Mai, 2012 (19:49 PM)Diagne Météo Allemagne
En Mai, 2012 (19:57 PM)KEKH KEKH MAY RÉE
PROBLÈMES DE COMMUNICATION ? VOILA CE QUI SE PASSE QUAND LA CORRUPTION ET LE NÉPOTISME PRENNENT EN OTAGE UN PAYS.
Où sont les traductrices ou ceux qui ont étudié et parlent cette langue? Pourquoi n'a t on pas fait appel aux compétences qui peuvent être sur la même longueur d'onde pour parler avec ces gens?
Continuons avec ce mépris des compétences locales et ce complexe: le reveil risque d'être brutal.
Abbdou
En Mai, 2012 (20:06 PM)Ce doit être le nouveau crédo de la nouvelle gouvernance qu'on nous promet sur tous tons:l 'INFORMATION des citoyens sur tous les aspects du fonctionnement de notre pays.
Que tous ministres passent à tour de rôle devant la presse, écrite, télévisées pour rendre compte de leur travail
Conseiller Du Pr
En Mai, 2012 (21:31 PM)Teusse
En Mai, 2012 (21:59 PM)Papi
En Mai, 2012 (22:03 PM)Il faut nous diminuer le prix des billets....
Griot Moderne
En Mai, 2012 (22:38 PM)Bour Sine
En Mai, 2012 (22:57 PM)Zoss
En Mai, 2012 (22:59 PM)je ne comprens pas ou bien j ai pas suivi toute cette argent qu on gaspille et ne paye les ex agent AIR AFRIQUE
malheurs a tous ce qui de loin ou de pres aurons bouffes notre sueurs le payerons un jour sache que votre MORT
CERA DURE ET VOUS IRAIS EN ENFER SONGE SI
Gor
En Mai, 2012 (00:02 AM)Deug
En Mai, 2012 (00:26 AM)Dieng M
En Mai, 2012 (00:29 AM)Mr De Bondy
En Mai, 2012 (01:49 AM)Manou
En Mai, 2012 (10:08 AM)Participer à la Discussion