Les douaniers du poste de Guénoto en service au Pont de Gouloumbou (département de Tambacounda) ont procédé vendredi 23 novembre vers les coups de trois heures du matin, à la saisie de 20 kg de cocaïne.
Malgré les certitudes de l’Office centrale de répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) catégorisant le Sénégal comme un « lieu de transit de la drogue qui n’abrite aucun réseau structuré de trafiquants de cocaïne ni aucun laboratoire pour sa transformation », force est de reconnaître que les dealers et les réseaux de narcotrafiquants sont actifs dans le pays. Pour preuve, on a encore en mémoire, les 61 kg de drogue dures incinérés par le ministère de l’intérieur une semaine avant les importantes saisies opérées par la brigade de gendarmerie de Mbour au début du mois de juillet 2007. Tout comme les importantes saisies opérées, en l’espace de soixante-douze heures, d’une quantité de 2,5 tonnes prises dans une autre villa située dans le domaine de Nianing, de même que les 1,254 tonnes de cocaïne trouvées dans un voilier à la dérive au large de la station balnéaire de Saly Portudal.
Alors qu’on n’a pas encore fini d’épiloguer sur leur valeur marchande réelle et sur le sort des réseaux à l’origine de ce trafic de drogues dures, voilà que les douaniers du poste de contrôle de Guénoto en service au pont de Gouloumbou ont opéré dans la nuit du vendredi 23 novembre dernier, à une importante saisie estimée à 20 kg de cocaïne. C’est à la suite d’un contrôle des passagers de quatre bus en provenance du marché international de Diaobé (région de Kolda), arrivés simultanément au pont de Gouloumbou, que les douaniers ont découvert la came. Mais, avec la forte affluence des passagers et l’obscurité, les convoyeurs ont fondu dans la nature.
Les résultats du laboratoire d’analyse des drogues de la direction de la police technique et scientifique saisie par le Directeur des Opérations douanières a confirmé que la drogue saisie et qui a fait l’objet d’un contrôle minutieux était bien de la cocaïne. Aussi, à en croire les autorités de la direction générale des Douanes, cette saisie est « la résultante du renforcement du dispositif de contrôle douanier mis en place dans cette partie du Sénégal ». Non sans préciser que « si sa situation géographique est propice à l’expansion du trafic de cocaïne, le phénomène n’est pas une spécificité sénégalaise ».
En effet, selon un rapport de l’Onudc en date de l’année 2005, « c’est toute la sous-région ouest africaine qui est concernée par le transit de stupéfiant avec plus de 52 % des saisies de cocaïne sur le continent ». Et c’est pourquoi, poursuivent les autorités douanières, « seule une harmonisation des interventions des forces de sécurité pourrait parer à l’éventualité d’une implantation de réseaux organisés de narcotrafiquants ». Et c’est tout le sens de la coopération entre l’Organisation Mondiale des Douanes, l’Organisation Internationale de la Police Criminelle (Oipc-Interpol), l’Organisation des Nations Unies contre la Drogue et les Stupéfiants (Onudc) et les forces de sécurité et douanières du Sénégal.
En tout état de cause, cette succession de saisies record opérées depuis quelques mois par les forces de sécurité et la Douane confirme le nouveau statut du Sénégal comme un lieu privilégié de transit de drogues dures. Elle remet également sur la sellette la porosité de nos frontières terrestres, aériennes et maritimes.
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