L’imam de la mosquée des Hlm Grand-Yoff Shelter a dressé un sévère réquisitoire contre la dépravation des mœurs au Sénégal, avant d’appeler ses compatriotes à profiter de l’affaire Gouddi Town actuellement pendante devant la justice pour exprimer sous toutes les formes, y compris même le port du brassard rouge, leur désapprobation devant un phénomène qui gangrène la société sénégalaise.
«Il est inconcevable pour un musulman digne de ce nom de se taire devant pareille situation. Il faut dénoncer avec la dernière énergie ce qui se passe sous nos yeux, y compris même pourquoi pas, faire comme les ouvriers en grève dans les usines, en portant des brassards rouges», a martelé l’imam Faty, dans un sermon prononcé vendredi à la mosquée des Hlm Grand-Yoff, pleine à craquer au huitième jour du Ramadan.
Très remonté contre «les danses obscènes» et autres comportements frisant l’indécence, l’homme de Dieu a souligné pour s’en désoler qu’il a du mal à reconnaître certains de ses compatriotes qui se disent musulmans, mais s’adonnent de jour comme de nuit à des actes loin des recommandations divines.
«Comment quelqu’un qui se dit musulman et vivant dans un pays peuplé à 95 pour cent de musulmans peut se permettre d’exhiber son corps devant des millions de personnes ?», s’est interrogé l’imam avant de souligner que de telles personnes font que le Sénégal, un pays où sont enterrés des saints comme Cheikh Ahmadou Bamba ou El Hadj Malick Sy, est devenu la risée des infidèles.
La faute de la dissolution progressive des mœurs est également à rechercher chez certains faux dévots qui, «toute honte bue», a asséné l’imam, prennent d’assaut les radios de la place pour y débiter de faux hadiths du Prophète (Psl), puisés on ne sait où. Ces derniers, experts en calomnie, prennent Mouhammed (Psl) pour un «doomu bajan» (cousin à plaisanterie) avec qui on peut se permettre toutes les libertés, s’est désolé l’homme de Dieu, avant de lancer en arabe cette mise en garde tirée de la bouche du Sceau des Prophètes : «Ceux qui m’attribuent des paroles que je n’ai pas dites dans le but de tromper les musulmans, iront en enfer.» Il a rangé dans le même lot de condamnations les parents et proches des danseuses incarcérées dans l’affaire Gouddi Town et qui, au vu de la désapprobation générale, se posent en victimes inconsolables. Pour l’imam, tout cela n’est que mise en scène, car il faut réagir et mettre son enfant dans le droit chemin dès qu’on sent qu’il prend la mauvaise pente et non attendre qu’il ait maille à partir avec la justice pour se mettre à jouer aux pleureuses.
Tout en réaffirmant sa détermination à poursuivre la croisade contre les errements de ses compatriotes musulmans, l’imam qui souhaite être relayé par des voix plus autorisées que la sienne, a terminé son sermon en rappelant que Dieu a dit que toute société humaine se bonifie ou tombe en décadence grâce à la vitalité ou à l’apathie de ses deux principaux socles : «Les autorités spirituelles et les autorités temporelles.»
Aps
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