Hier, sur les bords de la Seine, le président de la République, Abdoulaye Wade, a reçu le Prix Houphouët-Boigny. Parmi le lot des invités, la région de Diourbel a été royalement oubliée. Est-ce la guéguerre entre Aminata Tall et le Premier ministre Macky Sall qui en serait à l’origine ? Ou bien Wade, a-t-il trouvé de nouveaux alliés ?
«Aucun membre du Conseil municipal n’est présent à Paris. Notre municipalité n’a pas assez de moyens pour déplacer des conseillers. Nous aurions bien aimé être de la fête, mais, malheureusement, tel n’est pas le cas. Il ne nous reste plus qu’à souhaiter au président de la République que ce Prix lui porte chance. En dépit de tout ce que l’opposition dit, Abdoulaye Wade mérite plus que quiconque ce prix.» Telle est la réaction de Aminata Lotta Sarré, députée et conseillère municipale à Diourbel.
Les conseillers municipaux de la commune de Diourbel ne sont pas les seuls à ne pas se rendre à Paris. C’est le même cas au niveau des communes de Bambey et Mbacké. Les conseils municipaux n’ont pas jugé utile de déplacer des conseillers, parce qu’ils n’ont pas les moyens de le faire. Tous ceux qui sont partis l’ont fait à leurs propres frais ou bien avec la mansuétude du Président Wade. Il y a aussi que le n° 2 du Parti démocratique sénégalais (Pds) n’a pas jugé nécessaire de mettre dans sa liste des Diourbellois, assurent des sources dignes de foi.
Dans la région, à part Aminata Tall qui est présente en France car faisant partie du dispositif du président de la République, on ne note que les disciples du marabout-politicien, Cheikh Béthio Thioune, le ministre de la Femme, Aïda Mbodji, et le directeur du Coud, Iba Guèye qui était en mission dans l’Hexagone. Les Fédérations Pds de la région n’ont reçu aucune somme d’argent pour mobiliser et convoyer des militants, confient des sources bien informées. Au niveau de la délégation spéciale du Conseil régional, aucun membre n’a fait partie de l’expédition parisienne. C’est parce que nous sommes, ici, dans un régime d’exception. Et à ce titre, les délégations spéciales sont des organes d’administration provisoire des collectivités locales. Elles ne peuvent ni aliéner ou échanger des propriétés, encore moins augmenter des effectifs budgétaires, ni créer des services publics, ni voter des emprunts. D’ailleurs, une personne bien informée, sous couvert de l’anonymat confie : «L’essence de la délégation spéciale, c’est de ne pas verser dans la politique politicienne. Donc, je ne vois pas pourquoi un membre de cette institution va à Paris pour ce Prix. Si la délégation était invitée, elle allait prendre part à l’événement. Malheureusement, tel n’est pas le cas.»
En tout état de cause, après avoir reçu le Prix Houphouët-Boigny, le chef de l’Etat sénégalais devra faire sienne cette pensée du défunt président ivoirien qui disait dans le n°15 du journal La Voix d’Afrique du 5 octobre 1975 : «La Côte d’Ivoire a appris aussi, en quelques années, qu’il n’est pas facile d’être libre et qu’il faut, pour servir la paix et l’Afrique, un peu de bon sens, beaucoup de patience et infiniment de courage.» Il ajoutait : «Oui, le sort de la paix est lié à celui de l’Afrique, car le message de notre continent est tout de dialogue, de tolérance et d’amour.»
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