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La même source estime à 912,8 milliards de francs Cfa l’encours de la dette publique extérieure au 31 décembre 2007, dont plus de la moitié est de source multilatérale. La dette multilatérale représente 58,9 % du total contre 82,9 % en 2004. Le groupe de la Banque mondiale (Bm) représente la proportion la plus importante de cette dette multilatérale avec 343,0 milliards de francs Cfa, soit près de 64 %, selon le rapport du Cnpe. Ensuite, viennent par ordre d’importance, le groupe de l’Opep/Badea/Bid (72,3 milliards de francs Cfa) et le groupe de la Banque africaine de développement (42,4 milliards de francs). Ces trois groupes représentent 58 % de la dette multilatérale du Sénégal.
S’agissant de la dette bilatérale, le Cnpe estime à 371,52 milliards de francs Cfa l’encours, soit 40,7 % de la dette totale. Il est composé essentiellement de la dette vis-à-vis du groupe des pays arabes (62,8 % de la dette bilatérale). Quant à la dette commerciale (crédits à l’exportation), elle représente moins de 1 % de la dette extérieure totale avec 3,33 milliards de francs Cfa. En ce qui concerne la dette publique intérieure, elle représente en moyenne environ 10 % de la dette publique totale sur la période 1996-2007, selon le Cnpe. Sa part a enregistré une baisse continue de 1996 à 2005, passant de 11,1 % de la dette publique totale à 7,3 %. En 2006 et 2007, elle a enregistré une hausse progressive pour représenter respectivement 15,5 % et 22,6 % de la dette publique totale en raison de la réduction significative de la dette publique extérieure dans le cadre de l’initiative Iadm, mais également de l’intervention plus marquée de l’Etat sur le marché financier interne.
Selon le rapport sur l’analyse de la viabilité de la dette, l’encours de la dette publique intérieure a connu une baisse en moyenne annuelle de 3,9 % entre 1996 et 2004. En 2005, 2006 et 2007, il a enregistré des hausses respectives de 2,3 %, 3,3 % et 68,7 % du fait principalement de l’émission plus régulière de bons de trésor et d’emprunt obligataire durant cette période. En 2007, l’encours de la dette publique intérieure est estimé à 267,1 milliards, dont 77,7milliards de bons du trésor et 147,6 milliards d’emprunts obligataires, selon document.
Détérioration des marges d'endettement : Le Cnpe préconise la prudence dans la gestion budgétaire
Le Sénégal est dans une bonne position pour rechercher de l’argent. Mais il devra faire très attention dans la gestion des fonds acquis. Et pour ce faire, le Comité national de politique économique (Cnpe) a pris les devants. Pour faire face à la détérioration des marges d’endettement, il suggère une prudence dans la gestion budgétaire. ‘L’analyse de la dette publique du Sénégal montre qu’elle est viable à moyen et long terme suite notamment aux allégements obtenus dans le cadre des initiatives Ppte (Pays pauvres très endettés) et Iadm (Initiative d’allègement de la dette multilatérale) dans la mesure où les efforts du gouvernement au cours des derrières années sont maintenus ou améliorés. Ainsi, le Sénégal se retrouve dans une situation favorable qui lui confère une importante marge de manœuvre dans la recherche de nouveaux financements. Cependant, il est important de noter que les marges d’endettement se détériorent progressivement dans tous les cas de figure ; ce qui suggère une prudence dans la gestion budgétaire’, préconise-t-il dans son rapport sur l’analyse de la viabilité de la dette publié en janvier 2008.
‘En effet, avec une situation économique similaire à celle de 2006 (une croissance économique voisine de 2 % et un déficit public autour de 6 % du Pib), la viabilité de la dette publique est remise en question en moins de dix ans’, ajoute cette structure que préside la Direction de la prévision des études économiques (Dpee). Aussi le Cnpe suggère-t-il aux autorités de prendre des mesures de politique d’endettement. Parmi lesquelles il recommande principalement de poursuivre la politique de nouveaux financements extérieurs qui donnait jusqu’ici la priorité aux dons et aux prêts concessionnels, de chercher la concessionnalité pour les emprunts des entreprises publiques, etc.
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