Poursuivi pour viol sur une mineure de 13 ans, M.Woury Ba a pris hier le maximum de la peine, 10 ans ferme. Le mis en cause, qui n'a pas cherché à nier les faits, s'est refugié derrière le consentement de la fille (ndlr : un mineur n’est jamais consentant) qui serait sa petite amie. Une relation que M. Diallo qui traine une grossesse de 2 mois et demi n'a pas nié.
Il est rare sinon quasi inexistant de voir des prévenus de viol reconnaître les faits qui leur sont reprochés. Hier, M. Woury Ba, vendeur de cartes téléphoniques, a fait l'exception en avouant sans ambages avoir entretenu des relations sexuelles avec sa victime, une mineure de 13 ans, avant de reconnaître la paternité de sa grossesse. «J'ai bel et bien eu des rapports sexuels avec M. Diallo et je suis bien l'auteur de la grossesse qu'elle porte», avait-il dit dès l'entame de son procès. Seulement, il a vite fait de préciser qu'il a agi avec le consentement de la jeune fille avec qui il entretient une relation amoureuse depuis plusieurs mois.
Ce qu’a largement confirmé la mineure. Interrogée à son tour sur cette prétendue relation, M. Diallo, accompagnée de sa mère et camouflant sa grossesse sous une couverture, a dit timidement : «oui, on sortait». Une confession qui n'a pas eu l'heur de plaire à sa mère qui lui a jeté un regard réprobateur accompagné d'un geste furtif qui n'a pas échappé au juge. Rappelée à l'ordre, la dame a finalement avoué à son tour que le mis en cause s'était amouraché de sa fille, mais qu'à plusieurs reprises, son mari lui avait demandé en vain de «laisser tranquille sa fille». La réalité est, selon le prévenu, que sa petite-amie a été à plusieurs reprises battue par ses parents pour qu'elle ne le fréquente plus, mais rien à faire. C'est donc dans ces circonstances qu'elle l'avait retrouvé dans sa chambre le jour des faits, après le départ de sa mère au marché. Seulement, contrairement à la version de la mineure qui soutient que son amant a étouffé ses cris pour assouvir sa libido, ce dernier a soutenu le contraire. «Nous avons commencé à flirter et c'est par la suite que nous sommes passé à l'action», plaide-t-il.
Quoi qu'il en soit, c'est plusieurs semaines après que la mère de la jeune fille a été alertée par une de ses voisines qui lui a conseillé d'emmener sa fille en consultation. Informée de la grossesse, la dame soumet sa fille à un interrogatoire serré avant de s'entendre dire que c'est l'indésirable M. Woury Ba qui en est l'auteur. Suffisant pour que la dame qui habite à Ngor dépose une plainte à la brigade de gendarmerie de Ouakam. Si l'avocat de la partie civile a réclamé un dédommagement de 5 millions, le procureur de la République, qui reste convaincu que les faits ne souffrent d'aucun doute, a requis une peine ferme de 10 ans à l'encontre de Woury Ba. Un réquisitoire qui n'est pas basé sur le droit, selon Me Moustapha Diop, qui soutient que même s'il y a eu conjonction sexuel, les quatre éléments constitutifs du viol que sont la contrainte, la menace, la surprise et la violence font défaut dans ce dossier. Malgré la demande de relaxe formulée par l'avocat, M.Woury Ba a pris 10 ans ferme.
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