"Depuis 2004 (...) l’entreprise a le sentiment d’être victime d’un traitement inégal et ce traitement inégal se lit à travers trois critères très précis", accuse l’avocat de Bara Tall.
Détaillant ses propos, il explique : "Jean Lefebvre aujourd’hui a des sous, beaucoup d’argent que l’Etat du Sénégal lui doit et qui ne lui est pas payé. La deuxième chose, c’est que l’entreprise est systématiquement éliminée de beaucoup d’appels d’offres, sans que des raisons, en tout cas objectives ou légales ou telles que prescrites par le cahier des charges, n’aient été notifiées. Le troisième point enfin, c’est que quand l’entreprise gagne des appels d’offres publics, quand elle est adjudicataire, le marché est ou annulé ou en tout cas est relancé parce qu’il est déclaré infructueux ». Toutes choses qui font que l’entrepreneur Bara Tall ne peut plus travailler au Sénégal.
En effet, selon Me Alé Fall, « quand vous accumulez tout cela, au bout de quatre ans, vous en tirez l’idée ou en tout cas le constat que quelque par on vous empêche de travailler ». « Pourquoi cet état de fait ? », se demande l’avocat.
Or, poursuit Me Fall, « jusqu’en 2004, l’entreprise Jean Lefebvre est une entreprise florissante qui a culminé en chiffre d’affaires à 24 milliards. C’est fort de cette belle santé financière qu’elle a pu préfinancer en 2003-2004 une bonne partie des Chantiers de Thiès, tout le monde se le rappelle », dit Me Alé Fall.
Jean Lefebvre Sénégal, c’est 560 emplois fixes : 35 cadres dont 11 ingénieurs et des milliers de journaliers. Cette entreprise dirigée depuis 2001 par le polytechnicien Bara Tall, propriétaire et Pdg à cette même date, fait aujourd’hui partie des entreprises phares du sous-secteur du Btp. 2003-2004 étant ce qu’on peut appeler des années d’or, Jls avait alors réalisé un chiffre d’affaires de plus de 20 milliards, cassant du coup le monopole des Français dans ce secteur et leur mainmise sur notre économie.
La délocalisation de Jls vers la Gambie et les pays de l’Uemoa entraîne aussi le transfert d’investissements, une décision lourde de conséquences dans ce sous-secteur qui occupe une place importante dans le Produit intérieur brut, en atteste l’augmentation de 11,7% du chiffre d’affaires moyen durant les cinq premiers de 2008. Même s’il ne s’agit pas de dépôt de bilan, comme le précise le Pdg de Jean Lefebvre, l’avenir de plus de 1000 employés n’en est pas moins hypothéqué.
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