Dans une déclaration qui nous est parvenue, l'Union des Conseillers des Affaires étrangères du Sénégal (UCAES), met le doigt sur problèmes auxquels les Diplomates sénégalais font face. Mais aussi sur « les dérives que les Autorités du Ministère des Affaires étrangères ne cessent de perpétrer au sein du Département et qui vont à l'encontre des exigences de ce métier. »
L'Ucaes dénonce « l'envahissement massif du Département des Affaires étrangères par des personnes ignorant tout de la pratique diplomatique correspondant à 569 sur 654, soit 78% des agents affectés dans les postes diplomatiques et consulaires, ce qui se traduit par des conséquences fâcheuses sur la qualité et la réputation de la diplomatie sénégalaise, jadis reconnue pour ses succès ».
C'est fort de ce constat que l'Union des Conseillers des Affaires étrangères du Sénégal condamne « sans réserve l'affectation d'agents aux compétences douteuses dans les postes diplomatiques et consulaires ainsi que l'élévation de certains d'entre eux au rang de conseillers d'ambassade ». La déclaration note que ces promotions se font souvent dans des conditions douteuses « ne répondant pas aux règles les plus élémentaires de l'Administration ».
Ce « syndicat des diplomates » réitère avec « force le souhait de ses membres de voir réserver comme il est de coutume depuis notre indépendance « un quota de 2/3 au minimum des postes de Chef de missions diplomatiques à des diplomates de carrière ». L'Ucaes se réserve le droit d'entreprendre « toute action nécessaire à la sauvegarde des intérêts matériels et moraux de ses membres ».
L'Union des Conseillers des Affaires étrangères du Sénégal considère que les Conseillers des affaires étrangères ont vocation à occuper les postes les plus élevés au sein du ministère des Affaires étrangères. L'Union garde à l'esprit qu'à côté d'une « claire vision de la politique étrangère dont la définition relève du
Chef de l'Etat, la Diplomatie sénégalaise a toujours reposé sur la qualité des femmes et des hommes qui l'animent. Elle note ainsi que « l'option des diplomates de s'investir dans ce corps d'élite, témoigne de leur engagement à servir l'État et la Nation, nonobstant les multiples contraintes liées à leur profession ».
Toutes choses qui font que l'Ucaes relève que malgré « les succès que les diplomates enregistrent dans l'exécution des missions à eux confiées par les plus hautes autorités du pays, les agents du cadre manquent d'outils de travail et sont confinés dans des locaux d'une exigüité sans commune mesure ». De ce fait, « la réduction drastique du nombre de conseillers des Affaires étrangères, occupant des fonctions de chef de missions diplomatiques et consulaires étant une vingtaine sur les 63 postes. »
Aussi regrettent-ils, la « dégradation continue de leurs conditions de travail aussi bien à la Portion centrale qu'au niveau des postes diplomatiques et consulaires ». L'Ucaes déplore « le manque notoire de considération de la plus haute autorité du Ministère des Affaires Etrangères qui n'a voulu répondre à aucune des demandes d'audience, censées ouvrir la voie à un dialogue de nature à trouver des solutions consensuelles aux multiples problèmes du Ministère ».
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