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Si le tribunal des flagrants délits suit le réquisitoire du Parquet, l’imam du quartier Médine de Rufisque-Ouest va prendre 10 ans de prison ferme. Bien que prévenu des délits d’abus sexuels, de viol, de pédophilie et d’actes de contre nature sur un garçon, l’imam n’en a pas moins nié les faits en bloc. A la barre, le jeune garçon a raconté sa mésaventure. Selon lui, le mardi 15 juin 2010, Seck Ndiaye dit Paquet le convoque chez lui. Il dit être élève en classe de Cm2. Après ses cours, en fin d’après-midi, le garçon est parti déférer à la convocation de l’imam. Celui-ci étant parti à la mosquée, le petit garçon l’attend dans le salon. « Aussitôt revenu, il m’invite dans sa chambre. D’une main il me prend le bras avec vigueur tandis qu’il pose son autre main sur ma tête en récitant des versets. J’étais comme étourdi. Il s’assoit sur une chaise et me tire vers lui. Je tombe entre ses jambes et c’est alors que je constate que l’imam n’avait rien porté en dessous », a dit la victime innocente.
En un moment, poursuit l’écolier Paquet Ndiaye l’a jeté sur le lit et a enlevé ses habits, avant de comemettre son acte. « C’est après son geste qu’il m’a laissé sortir de la chambre et je suis parti alerter mon père », a-t-il ajouté. Pour toute réponse, l’accusé rétorque : « Il s’agit ni plus ni moins que d’une pure invention émanant du jeune élève et de son père, Mame Amadou Dia ! ». Pour lui, l’enfant a été « instrumentalisé » et qu’il ne lui a jamais rendu visite.
Mais, à sa défaveur, le témoin Ousseynou Guèye a indiqué que le prévenu avait reconnu avoir remis 2.000 francs au garçon avant le déclenchement de l’affaire. « J’avais pitié de son père qui était démuni », avait-il expliqué à M. Ndiaye qui était venu négocier pour que l’affaire soit étouffée. Me Issa Diaw, avocat de la partie civile, est d’avis que les faits sont constants et que les interventions en amont et en aval dans cette affaire révèlent qu’il y a problème.
Sa conviction est que ce sont des délits extrêmement graves qui peuvent poser des troubles traumatiques à l’enfant pour la vie, avant de demander à la cour de décourager les futurs délinquants en condamnant sévèrement le prévenu. L’avocat a ensuite réclamé le franc symbolique. Pour sa part, le représentant du Parquet a salué la clarté de l’exposé des faits et la constance du garçon tant à la police qu’à la barre. Pour lui, le scellé (le slip souillé et le certificat médical) joint au dossier atteste de l’existence des délits. Convaincu de la culpabilité du prévenu, il a demandé au tribunal de le condamner à 10 ans de prison ferme.
Les cinq conseils de la défense ont plaidé la relaxe au bénéfice du doute pour leur client. Car, selon ces derniers, il n’y a aucune preuve qui atteste la matérialité des faits et que le seul scellé ne suffit pas pour asseoir la culpabilité de leur client. « C’est une affaire montée de toute pièce pour l’écarter de la direction de la mosquée », s’est indigné l’un des conseils. L’Imam connaîtra son sort le 05 août prochain.
1 Commentaires
Mamadou
En Mai, 2015 (20:55 PM)Participer à la Discussion