Dakar a abrité du 17 au 19 juillet 2010, la conférence internationale sur les problématiques des « daaras ». Initiée par l’Ong Action de solidarité islamique, cette rencontre vise à cultiver et à promouvoir le « daara » modèle.
115 participants ont échangé, à Dakar, sur les problématiques des « daaras », pour identifier les aspects positifs et négatifs de ces écoles traditionnelles et éventuellement entrevoir les mesures d’amélioration.
Selon le président de l’Ong Action de solidarité islamique (Asi), le Docteur Ciré Ly, cette problématique intervient dans un contexte de crise multidimensionnelle qui frappe notre société dans tous ses segments. « C’est un phénomène qui n’épargne aucune ville ou hameau », a-t-il souligné.
Considérant les « daaras » comme des « creusets de savoir », M. Ly a dénoncé le fait que ces derniers se trouvent aujourd’hui désemparés face à ce brouillage de valeurs et de repères. « C’est vraiment triste de constater que des maîtres coraniques, qui servaient de boussole sociale, soient mus par des considérations bassement matérielles. Ils prennent en otage des enfants innocents. Ce n’est pas normal », a-t-il laissé entendre.
A son avis, il est impérieux et urgent de dresser le prototype du « daara » moderne, en prenant en compte les finalités, les programmes d’enseignement, les conditions de fonctionnement, tout comme le personnel à mettre en place pour mener à bien cette transformation. Il a aussi évoqué la nécessité de mettre en évidence les difficultés fondamentales des « daaras » liées à l’organisation du cadre de vie, aux programmes, aux conditions de fonction et à la formation professionnelle, etc.
A ce propos, les organisateurs ont tous magnifié la décision du chef de l’Etat d’inscrire l’enseignement du Coran dans les programmes de l’enseignement public, correspondant aux classes d’âge concernées par les « daaras ». « Le programme d’édification de « daaras » modernes mis en chantier par le gouvernement du Sénégal prend en compte l’enseignement islamique de qualité y compris les langues nationales », a-t-il poursuivi.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre d’Etat Habib Sy s’est félicité de l’implication des Organisations non-gouvernementales dans la lutte contre les « daaras à caractère commercial ». « Le chef de l’Etat s’est toujours plaint des conditions dans lesquelles se faisaient l’apprentissage et la mémorisation du Coran. Certes, cela a produit d’éminentes personnalités et de grands érudits mondialement reconnus, mais force est de reconnaître qu’avec la Mondialisation, il est bon d’évoluer par l’institution de « daaras » modernes », a soutenu M. Sy.
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