“Câlins, massages, rapports sexuels, les demandes – tarifées – varient selon les besoins et le feeling avec le client.” Nadine, 50 ans passés, psychopraticienne de formation, est accompagnante sexuelle auprès de personnes handicapées. Les accompagnements durent un jour, plusieurs mois, parfois plusieurs années. “Nous aidons ces gens à reprendre possession de leur désir. Le but est qu’ils aient davantage confiance en eux et qu’ils s’épanouissent sans nous ensuite”, explique Fabrice, également accompagnant et masso-relaxologue depuis vingt-cinq ans.
“Les handicapés tombent souvent sur des pervers”
A 51 ans, Jeanne* a déjà eu des relations amoureuses et sexuelles dans sa vie. Mais depuis que son handicap, une infirmité motrice d’origine cérébrale qui atteint sa mobilité, s’est aggravé, elle dit “avoir du mal à avoir des relations par (elle)-même.” “L’homme qui m’accompagne me fait beaucoup de bien mais je me dis que c’est provisoire. Il faut que j’arrive à m’en passer”, avoue-t-elle en rigolant. Fabrice, marié à une sexologue avec qui il travaille, a toujours été sensible à la détresse affective des gens. Dans son métier de masseur bien-être, il aide ses clients, valides ou non, à éveiller leur sensualité et leur sexualité afin de dépasser frustrations et peurs. Il ne conçoit pas qu’une personne peine à assouvir ses désirs et ses fantasmes. C’est pour cela qu’il s’est dirigé vers l’accompagnement sexuel :
“Certains handicapés n’arrivent pas à avoir de partenaires et cherchent sur Internet des gens avec qui avoir des rapports. Du coup, ils tombent sur des pervers, intéressés par le côté bizarre. C’est dégueulasse et c’est pour cela que je trouve notre rôle très important”
Nadine, elle, ne connaissait rien aux problématiques sexuelles des personnes en situation de handicap. Elle est tombée sur une émission, il y a huit ans, sur l’accompagnement sexuel en Suisse et en Allemagne. Deux pays où la pratique est encadrée et reconnue. Quand elle revient sur son activité, elle parle de “l’aboutissement de toute une vie d’ouverture à l’autre, à la différence et de nombreuses années d’expériences sexuelles, ouvertes et curieuses.” Mariée pendant longtemps, elle a toujours exploré le monde du sexe avec d’autres partenaires “comme on explorerait un univers culturel”, aime-t-elle décrire. Si elle considère que “des gens coincés ou peu exposés à la diversité” ne peuvent pas devenir accompagnants, elle prévient qu’il ne suffit pas d’être libertin pour y arriver. Fabrice et elle précisent qu’il est essentiel d’avoir une vie sexuelle et sentimentale épanouie. Et Nadine d’ajouter :
“C’est une activité de solidarité avant tout. Il faut de l’imagination et de l’humanisme pour s’adapter à tous les handicaps auxquels nous pouvons faire face.”
Accompagnants sexuels ou travailleurs du sexe ?
Une activité de solidarité considérée en France comme de la prostitution. Aux yeux de la loi, les accompagnants comme Nadine et Fabrice sont des travailleurs du sexe et les personnes qui les mettent en relation avec des demandeurs, des proxénètes. Marcel Nuss, président-fondateur de l’Association pour la promotion de l’accompagnement sexuel (Appas), s’en fout. “Nous assumons et allons jusqu’au bout de ce que l’on défend : l’aide à la sexualité des handicapés, moteurs ou mentaux.”Son postulat : même inclus dans la société, les handicapés n’ont pas les moyens d’assouvir leurs désirs sexuels. Ils sont donc exclus de fait. Lui-même lourdement handicapé, Marcel Nuss est un militant de la première heure pour le droit à la reconnaissance des personnes non valides. Marié deux fois et père de deux enfants, il n’a pourtant jamais été accompagné sexuellement.
En mars 2015, à Erstein, en Alsace, il a organisé avec sa femme Jill, ancienne escort et ex-accompagnante, la première formation à laquelle ont participé Fabrice et Nadine. Une vingtaine de personnes étaient présentes. Parmi eux, des éducateurs, des masseurs et des travailleurs du sexe. Ces derniers n’ayant pas souhaité témoigner. “Pour le côté pratique, des ostéopathes montraient les gestes essentiels pour déplacer les personnes sans causer d’incident. Mais tout s’apprend lorsqu’on exerce car chaque handicap est différent”, témoigne Nadine, qui a accompagné quatre personnes depuis un an. “La formation était surtout théorique, se souvient Fabrice. Des juristes nous ont expliqué le cadre légal.”
En France, le sujet est encore tabou. Mettre des rampes dans les espaces publics, oui. Accepter le désir ardent d’un corps déformé, non. Pourtant, Jeanne, qui fait appel à un accompagnant depuis presque deux ans l’assure :
“Je ressens la même envie et le même plaisir que n’importe qui. Je ne peux juste pas faire tout le kamasutra !”
Pourquoi ce désir devient-il tabou dès lors qu’il concerne des handicapés ? Pour Alain Giami, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et co-auteur de L’Ange et la Bête (éd. CTNERHI) : “Le vrai problème vient de notre société qui a longtemps considéré l’handicapé comme asexué ou violent face au sexe.”
180 demandes d’accompagnements depuis 2015
La loi sur le handicap de 2005 aurait marqué un tournant. “Le droit à la compensation de tous les effets du handicap, inscrit dans la loi, a été repris par de nombreuses associations. Elles ont notamment réclamé le droit de compenser le manque sexuel par l’autorisation de l’accompagnement sexuel”, rappelle Pierre Brasseur, sociologue au Clersé, traitant du problème public de l’assistance sexuelle aux handicapés. Si des associations, comme l’APF ou Ch(s)ose militent pour le droit à l’accompagnement, l’Appas est la première association française à s’y coller concrètement en formant ces accompagnants. Depuis la première session, les demandes de mises en relation avec les accompagnants affluent. D’après les chiffres de l’Appas, plus de 180 demandes ont été enregistrées entre mars et décembre 2015. Les demandeurs, à 95% des hommes, ont de 18 à 94 ans. Ils sont, pour la plupart, handicapés moteurs, même si tous les types de handicap sont représentés.
Les demandes que récolte Marcel Nuss sont très diverses : câlins, massages, stimulations des organes génitaux, rapports sexuels. “L’Appas filtre pour nous les demandes avant de nous proposer les profils qui nous correspondent le mieux”, raconte Nadine, également membre du conseil d’administration de l’Appas.
A l’Appas, tout le monde s’accorde sur un point : dans l’idéal, personne ne devrait avoir besoin d’un accompagnement sexuel . “Mais pour cela, il faudrait un changement des mentalités dans les institutions qui accueillent les handicapés. Les rapports sexuels y sont souvent interdits”, rappelle Alain Giami. Aujourd’hui, certains directeurs ou personnels encadrants mettent en relation des patients avec les associations comme l’Appas mais cela relèverait davantage de l’initiative individuelle que d’un système organisé et encadré selon Pierre Brasseur. Pourtant, 20% des demandes d’accompagnements à l’Appas viennent de patients en institutions, preuve d’un réel besoin. En attendant, Marcel Nuss est un “proxénète bénévole” et fier de son combat. L’Appas ouvrira une deuxième formation en septembre.
Evelyn
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