La place de l’indépendance à Dakar transformée en garage où les taxis et clandos se disputent la clientèle. Tel est le spectacle qui s’offre aux travailleurs et aux passants en plein centre ville.
« Dakar, dakar, Rufisque, Rufisque, Diamaguéne, Keur Massar keur Massar, il ne reste que deux places, venez vite ».nous sommes ni au garage Pompiers, ni à Colobane, mais bien en plein centre ville, plus précisément à la place de l’Indépendance, la principale artère de la capitale Sénégalaise, l’ex-place Protêt où le général De Gaulle a été accueilli par les porteurs de pancartes pour réclamer l’indépendance du pays. Tels des élèves de l’école Coranique qui récitent inlassablement leur litanie pour percevoir l’offrande matinale, les coxeurs ou rabatteurs appellent les clients pour le compte des clandos stationnés plus loin, voire dissimulés dans quelque coin de rue.
Les dakarois, confrontés au récurrent problème des transports en commun ferment les yeux du fait qu’ils y trouvent leurs comptes. En effet, pour les usagers, il est difficile, après la descente, de rester pendant près d’une heure pour attendre un hypothétique bus. Si les clandos et autres taxis leur offrent l’opportunité de rentrer tôt, Aissatou Camara dit qu’il est hors de question de « cracher dessus ». A l’en croire, les temps ont changé. Il s’agit aujourd’hui « d’une question d’efficacité et d’efficience en ce sens que je peux venir en ville en prenant un taxi clando dont le tarif terminus liberté 5 place de l’indépendance est 500 FCFA et de rentrer le plus rapidement possible pour m’occuper de mon atelier de couture », lance-t-elle. Ce rapide voyage aller-retour lui coûte dit-elle, « 1000 FCFA. Ce qui n’est rien par rapport au précieux temps que je gagne et par rapport au trajet en bus. « Ils sont non seulement lents, mais toujours bondés ». Par des acquiescements bruyants, ses voisins assis dans le même taxi ont accepté son point de vie. L’un d’eux, sous le couvert de l’anonymat renchérit, « bien que je déplore la saleté et l’ambiance qui est en train de pourrir la place de l’indépendance, je dois dire que la présence des clandos et des taxis qui ont fini eux aussi de se transformer en clandos, nous arrange ». Cependant, dit-il, « pour palier ça, il faudrait que les autorités renforcent le parc automobile de Dakar dem dik car, vraiment on a un sérieux problème de bus car ils sont rares ». Le chauffeur de clando, sans doute énervé par notre discussion, d’un ton amer, nous jette à la figure, « vous journaliste, mêlez vous de ce qui vous regarde : même la Police ne nous inquiète pas, alors laissez nous travailler en paix ». Ces paroles à peine dite, il démarre en trombes, nous fusillant des yeux.
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