Les habitants de la vieille ville ont montré hier qu’ils en avaient vraiment assez du régime libéral. Partout où le cortège des socialistes, avec à sa tête le secrétaire général du parti (Tanor), Barthélémi Dias, Aminata Mbengue Ndiaye et Aïssata Tall Sall, est passé, les rufisquois sont sortis pour applaudir et crier leur nostalgie du régime socialiste. Le préfet du département, Serigne Mbaye, avait pourtant interdit la tournée, ainsi que le meeting qui devait suivre, à travers un arrêté remis aux responsables locaux le matin. Mais jusqu'à la fin de la manifestation, il n'y a pas eu la présence des forces de l'ordre.
Les militants socialistes de Rufisque se sont mobilisés de bonne heure le samedi dernier devant l’hôtel Coumba Lamb, afin d’accueillir leur secrétaire général Ousmane Tanor Dieng. Prêts à l’accompagner dans sa tournée à travers quelques quartiers de la ville de Coumba Lamb. L’arrêté du préfet «portant interdiction d’organiser des cortèges, des rassemblements sur la voie publique ou une marche» pour le motif «de menaces de troubles à l’ordre public», n’a pas freiné leurs ardeurs. L’animation s’est au contraire poursuivie de plus belle. A l’arrivée de la délégation, il a été décidé, après concertation, que le programme soit maintenu. Le cortège, après avoir pris la route des Hlm, est passé par les quartiers Thiokho, Deunkou, Médine, Diokoul Kao, avant de terminer sa randonnée au quartier Diokoul Wague où se trouve le siège du parti socialiste. La délégation a été partout vivement accueillie par les habitants, qui sont sortis sur le pas de leur porte pour l’acclamer, certains n’hésitant pas à suivre le cortège à pied. «Yena ko yor !». «Au temps où vous étiez au pouvoir, au moins nous n’avions pas faim !», pouvait-on entendre. La visite a pris fin après le meeting qui a eu lieu devant le siège du parti. Une occasion saisie par Ousmane Tanor Dieng pour remettre en question le nouveau plan du Président Wade. Interpellé sur la question, il a fait savoir que leurs experts agronomes examineront ce plan proposé par Abdoulaye Wade. Afin d’émettre des critiques et en proposer un autre, qui sera «réaliste et applicable». "L’urgence pour le moment, est de faire en sorte que les prix des produits de grande consommation courante baissent. Et pour cela, il n’y a pas mille solutions ; il faut qu'il fasse des économies sur le plan budgétaire, qu'il réduise son train de vie et celui de l’Etat, ou les dépenses non prioritaires, pour reprendre leur euphémisme», a-t-il raillé. Les forces de l’ordre que les militants attendaient d’ailleurs de pied ferme, n’ont finalement pas pointé le bout du nez.
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