Selon Seydou Diémé, porte-parole de l’Intersyndicale des travailleurs de l’Asecna, « l’Asecna qui s’appelle Agence changerait probablement de nom si la révision est adoptée, pour s’appeler Organisation pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Osecna) ».
M. Diémé indique que les craintes de l’ensemble des travailleurs, « pas du Sénégal seulement, c’est que les autorités envisagent de créer une structure dotée d’une personne morale unique qui va assurer deux fonctions indépendantes. La première, c’est la régulation et la supervision, la deuxième, c’est la fourniture des services et c’est cette dernière fonction qui est assurée actuellement par l’Asecna ».
Le porte-parole des travailleurs de l’Asecna indique cela les préoccupe parce que « ça risque de prêter à confusion quand la même structure s’occupe et de la fourniture des services, comme l’Asecna le fait, et de la supervision et la régulation ». Seydou Diémé explique qu’auparavant, ce sont les Directions de l’aviation civile (Dac) qui s’occupaient, pour chaque Etat, de la supervision des activités de fourniture de l’Asecna.
« Nous avions demandé à l’époque ce que deviendraient les Dac actuelles quand cette structure va être créée et jusqu’à présent nous ne le savons pas », déplore-t-il, précisant que le document de réforme est « tellement volumineux qu’on n’a pas fini de dépouiller, mais nous sommes encore inquiets par rapport à ce démembrement de l’Asecna, compte tenu de la structure juridique et institutionnel proposée par le consultant ».
Le Conseil d’Administration de l’Asecna réuni à Dakar a un seul point à l’ordre du jour : la révision de la Convention de Dakar. Un processus suspendu depuis novembre 2007, suite à la décision du Sénégal de dénoncer la convention.
A l’origine, les Etats signataires de la Convention de Dakar s’étaient engagés à mettre en place un établissement public, financièrement autonome, pour assurer la régularité et la sécurité des vols des aéronefs de la circulation aérienne dans leurs territoires. Ils avaient alors adopté une politique commune et uniforme des réglementations fondée sur les normes et pratiques recommandées par l’Oaci (Organisation de l’aviation civile internationale).
Ce n’est qu’en 2006, 32 ans après, que le vent de la réforme commença à souffler sur les acquis de 1974. C’est ainsi qu’a démarré le processus de révision de la Convention de Dakar qui vise à préciser le périmètre de la mission de l’Asecna, son statut international, créer un organisme communautaire de supervision de la sécurité et revoir les principes de gestion des activités aéronautiques nationales.
C’est ce dernier aspect qui a d’ailleurs été à l’origine de la décision du Sénégal de dénoncer la Convention dont il est le dépositaire. Avant le Sénégal, Madagascar avait exprimé le souhait de se retirer de l’Asecna, une crise qui avait poussé le Gabon qui assure la présidence à suspendre le processus de révision entamé à Bamako en 2006. La reprise du processus est, aux yeux de certains, un signe de dégel de la situation, d’autant plus que l’audit international de l’Asecna réclamé unanimement est en cours.
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