Le procès d’Hissène Habré, ex-Président Tchadien, n’a toujours pas commencé au Sénégal. Ce qui vaut au Sénégal d’être traité de tous les noms d’oiseaux. Dire que c’est l’Unité africaine qui lui a confié ce dossier et, à ce jour, le Sénégal a dépensé un milliard de Francs Cfa.
C’est à croire que le dossier Hissène Habré est en passe de devenir une patate chaude pour le Sénégal. C’est le moins que l’on puisse dire à la suite des révélations faites hier par Cheikh Tidiane Gadio, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères. En marge du compte-rendu du 12ième sommet de l’Union africaine, M. Gadio a confié que le Sénégal a dépensé, à ce jour, un milliard de francs Cfa, uniquement dans le cadre de la préparation du procès. Sans le soutien de personne. Alors que c’est l’Unité africaine qui lui a confié ce dossier. Et maintenant, tout le monde pense que ce dossier appartient exclusivement au Sénégal. C’est la raison pour laquelle, beaucoup d’organisations des Droits de l’Homme accusent le Sénégal de faire du dilatoire dans ce dossier. «Ce qui n’est pas le cas», explique M. Gadio. Car le Sénégal a accepté ce dossier pour renforcer l’Etat de droit au Sénégal et pour contribuer au renforcement de la démocratie et la lutte contre l’impunité en Afrique. Ce point a, d’ailleurs, été inscrit à l’ordre du jour du sommet. Et à ce propos, Me Abdoulaye Wade a expliqué que le Sénégal ne veut pas débuter le procès sans assez de soutien financier. C’est pour cela qu’il a demandé à l’Union africaine et à l’Union européenne d’apporter leur soutien financier. Il a aussi proposé à l’Union africaine de gérer ces fonds. D’ailleurs, une personne a été nommée dans ce sens et va venir prochainement au Sénégal pour discuter avec les Africains sur la question.
Revenant sur les autres points inscrits à l’ordre du jour de ce sommet, M. Gadio a retenu le grand pas en avant fait dans le cadre du gouvernement de l’Unité africaine. Finalement, c’est l’autorité de l’Unité africaine qui a été retenue. Et un colloque des intellectuels africains va se tenir d’ici fin mai au Sénégal. 500 intellectuels de l’Afrique et 100 de la diaspora sont attendus à cette rencontre.
La question de la compétence universelle et des confusions qu’il y a eu avec la Cour pénale internationale a aussi été abordée par les chefs d’Etat. Et c’est pour s’entendre sur le fait que les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité ne sont pas que le visage de l’Afrique.
M. Gadio n’a pas non plus oublié les questions concernant les coups d’Etat en Guinée, en Mauritanie, pour dire que les chefs d’Etat africains se sont entendus sur la question. La question de l’importance des infrastructures en Afrique a aussi occupé une part importante des débats et c’est, d’ailleurs, Me Wade qui a introduit les débats.
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