Au chevet de la pensée colonisatrice déclinante, fleurit l’idée de consécration de l’assimilation culturelle à terme : la femme est l’égale de l’homme. Voilà l’expression d’un phantasme d’un homme s’identifiant à son oppresseur et moulés à la conception hellénique d’un sempiternel recommencement de fondement social.
La parité implique une similitude sinon une égalité de change. À la base, le nègre s’est longtemps distancé dans l’adoption d’une structure familiale sexiste répartissant les charges et les prérogatives qui assurent la survie collective. Si, maintenant, la déstructuration sociale conduit à une déperdition dans les rapports des genres, une simple projection dans l’imaginaire collectif du moment aurait permis d’arrimer la superstructure et le degré de ressourcement dans les archétypes qui nous sont propres. La civilisation de l’universelle est un pis-aller pour celui qui n’entend pas fournir l’effort requis pour un tri éprouvant mais nécessaire à la survie et à l’affirmation du nègre. C’est un degré d’interférence entre plusieurs systèmes de valeurs qui, tout au plus, entraine une tension intérieure individuelle et qui nécessite un arbitrage continu. Au meilleur des cas, l’ordre de préséance entre les références culturelles place notre force spirituelle de valeurs collectives au centre du processus.
Légiférer pour une parité des sexes dans le contexte africain relève d’un rafistolage minable d’intellectuels à la solde d’un mimétisme rabaissant et au service d’un conformisme systématique de bas étage.
Il ne s’agit pas de décrier un quelconque investissement à l’égalité entre les hommes et les femmes. Cependant, l’égalité s’incarne dans l’acceptation des différences des uns et des autres ainsi que dans la mise sur pied des conditions idoines pour la sauvegarde de la dignité humaine. Il en est de l’accès de la femme aux ressources nécessaires à l’expression de sa singularité et à la rétribution de ses apports dans la structuration familiale. Par ailleurs, n’est-il pas plus judicieuse de redresser ce penchant ou du moins la perception populaire d’une tendance des femmes à la festivité onéreuse?
Il ne s’agira point de la cantonner dans la sphère familiale. Il est plutôt question d’une démarche lucide et méthodique qui donne à la femme africaine les outils d’une émancipation acquise au moyen d’un nivellement programmé et calibré.
Le rattrapage institutionnel n’est pas tant dans l’égalitarisme formel que dans la prise en compte des forces et faiblesses innées des uns et des autres d’une part et dans l’adaptation de leur posture aux exigences actuelles de développement humain. A quoi bon de formaliser une parité dans les institutions pour l’élite intellectuelle quand, dans les zones rurales, les femmes font face à d’innombrables problèmes qui entachent leur condition de mère ou seulement de citoyenne à part entière. En guise d’exemple, les femmes atteintes de fistule sont mises en quarantaine sans aucune possibilité d’exercice de leur droits civiques et humains au motif souvent superstitieux qu’elles sont punies d’un hypothétique geste posé. À ce niveau, il y’a matière à déployer des ressources pour corriger ses distorsions sociales et venir à bout d’une atteinte grave à la dignité humaine. Il est ridicule et prétentieux d’outrepasser ces passages obligés que commande le sens de la méthode et de l’organisation si tant est que la motivation reste la promotion de l’implication pleine et entière des femmes dans la gestion de la cité.
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