La cherté de la vie ne laisse personne exempte. Les mendiants qui squattent les artères de Dakar et sa banlieue ne savent plus à quel saint se vouer du fait de la rareté des aumônes qu’ils recevaient au quotidien. Ils peinent à remplir leur pot. Une randonnée en ville et en banlieue nous édifie sur la situation.
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« Avec la cherté de la vie, les gens donnent de moins en moins l’aumône. Maintenant, ils se contentent de donner de la petite monnaie à la place des billets, du riz et du sucre. Je peux dire que cela fait maintenant un mois qu’on ne m’a pas donné du riz en aumône. Je parviens difficilement à avoir 1000 Fcfa », confie une mendiante. Une autre mendiante de dire : « Dans tous les cas, nous ne pouvons plus avoir du riz. Comme les personnes qui nous donnaient du riz en aumône peinent à trouver ce produit, il ne nous reste qu’à attendre notre mort. Sincèrement, nous vivons aujourd’hui des moments beaucoup plus difficiles. Avant, les gens me donnaient de l’argent, du riz, du sucre, des bougies, des tissus.
Et parfois quand je sentais un petit besoin d’argent, je vendais tout. Cependant, la cherté de la vie a donné un sacré coup à la mendicité. Nous avons sérieusement ressenti cela et si la situation perdure, nous irons droit à la mort ». Cette mendiante, mère de quatre enfants, ne parvient plus à nourrir sa progéniture. « Le sucre, le pain et le lait qu’on me donnait en guise d’aumône, me permettaient de leur donner le petit-déjeuner. Cette situation va accentuer davantage notre pauvreté », poursuit la mendiante. Du côté des HLM, les mendiants ne reçoivent plus les restes de repas de midi que les maisons environnantes leur donnaient. « Presque toutes les maisons environnantes nous donnaient à midi leur reste de repas.
Aujourd’hui, nous recevons de moins en moins de plats. Comme vous le voyez, nous ne disposons pas de moyens pour subvenir aux besoins de nos familles. Nous tirons toutes nos ressources de la mendicité. Aujourd’hui, avec la cherté de la vie et la rareté des produits comme le riz, nous ne pouvons plus avoir les restes de repas qui proviennent des maisons car la situation est aussi dure pour ces dernières », avance M. Diop, mendiante. La venue d’une femme avec un bol de riz a créé le désordre chez les mendiantes. Chaque femme veut s’accaparer du bol pour ses enfants. Finalement, la femme a fait appel aux tout-petits pour leur donner les restes du repas.
« Il faut laisser les enfants manger car ils ne peuvent pas résister à la faim contrairement aux grandes personnes. Vous savez, la vie est chère maintenant, c’est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas vous apporter tous les jours du riz comme avant », lance la femme à l’endroit des mendiantes. Les talibés peinent à assurer leur versement quotidien ! Cette situation est beaucoup plus ressentie chez les talibés qui éprouvent d’énormes difficultés à assurer le versement quotidien. Ils sont nombreux, à faire le tour des gares routières en quête d’aumônes.
Habillés en haillons, ces jeunes talibés sont affectés par la cherté de la vie. Beaucoup de produits comme le riz, le lait et autres, n’atterrissent plus par les temps qui courent dans les pots des talibés. Maintenant, le versement quotidien au marabout fait défaut. « Avec la cherté de la vie, les gens donnent de moins en moins de l’aumône. Notre marabout nous réclame 350 Fcfa et il faut obligatoirement avoir cette somme sinon, c’est la punition qui nous attend. Nous éprouvons d’énormes difficultés pour avoir cette somme. Le marabout passe tout son temps à nous battre parce que le versement est incomplet. À la place du riz, les gens nous donnent comme aumône du mil. Maintenant à midi, tu peux faire deux maisons sans avoir de quoi manger.
Les familles commencent à économiser leur riz car c’est un produit qui se fait rare maintenant », dit Pape Diène, jeune talibé venant du Baol. Même les vendeurs qui achètent les produits des talibés ressentent la situation. « Ce sont les jeunes talibés qui me vendaient du riz et du sucre. Maintenant, ils me disent que les gens donnent de moins en moins l’aumône à cause de la cherté de la vie et surtout de la rareté de certains produits comme le riz. Les talibés me vendaient les choses moins chères, mais je suis obligée d’acheter plus cher ailleurs », avance une vendeuse de petit-déjeuner. Les talibés, avec le visage triste, tournent autour de la dame qui leur sert de la bouillie de mil.
1 Commentaires
Anonyme
En Décembre, 2015 (18:36 PM)??
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