La peur règne à Thiaroye où le commissariat de police dont les locaux sont envahis par les eaux pluviales fonctionne au ralenti. Des prévenus ont été répartis entre les autres commissariats de la banlieue et l’électricité a été coupée par mesure de sécurité.
Zones criminogènes par excellence, Thiaroye, Guinaw-rails Nord et les localités environnantes vont, si l’on n’y prend pas garde, enregistrer un regain d’insécurité. La faute aux eaux pluviales qui ont envahi les locaux de l’unique commissariat chargé de veiller sur toute cette zone. Hier, les habitants de Thiaroye et environs qui se sont rendus pour diverses raisons dans ce commissariat sont repartis des lieux la colère à la gorge. Aucune possibilité de faire légaliser un document ou alors simplement de déposer une plainte. Les bureaux des enquêteurs sont plongés dans l’obscurité et pour accéder à certains endroits de ce commissariat, notamment les bureaux de la police judiciaire et de la section accident, il faut patauger. D’ailleurs hier, il était facile de constater que les éléments de la police judiciaire de même que les enquêteurs se tournaient les pouces. Une situation devenue inquiétante pour les habitants de Thiaroye telle cette dame du nom d’Awa Doumbouya rencontrée hier dans la cour de la police de Thiaroye. «C’est incroyable ! D’abord pour accéder à ce commissariat, il est impossible de passer par la porte. C’est un pan du mur qui sépare le commissariat du Centre Jacques Chirac qu’on a fait tomber pour permettre aux gens d’entrer dans le commissariat. J’ai vu ici, ces derniers jours, une scène insolite : des prévenus, les menottes aux poignets, ont pataugé dans les eaux avec des policiers pour accéder à la voiture de police garée à l’intérieur du Centre Jacques Chirac et qui devait les acheminer au parquet. C’est honteux», peste-t-elle. Et que dire de ces trois individus arrêtés pour escroquerie par la police de Thiaroye et qui vont devoir prolonger leur garde-à-vue dans un autre commissariat de la banlieue ? En l’absence du commissaire, aucun des policiers interrogés n’a accepté de donner son avis sur cette situation inédite. C’est un policier en service dans un autre commissariat, venu marquer sa solidarité avec ses collègues, qui a accepté de parler sous le couvert de l’anonymat. D’emblée c’est pour faire part de ses inquiétudes quant à la santé de ses collègues. «Ils sont tous en sursis car rester toute la journée dans une cour prise en otage par ces eaux verdâtres les expose à toutes sortes de maladies», dit-il.
Du côté des populations, on craint que les malfaiteurs ne profitent de cette situation. «Déjà certains quartiers de Thiaroye sont devenus inaccessibles du fait des inondations et des routes dégradées. Si en plus de cela il nous est impossible de livrer les malfaiteurs à la police, cela va certainement donner des idées à certains voyous», fait remarquer Elimane Diop, un commerçant établi au marché de Thiaroye. En attendant, pour parer à toute éventualité, on assiste à une «renaissance» des comités de vigilance dans les quartiers où les habitants ont décidé de prendre en charge leur sécurité. Une solution qui n’agrée pas tous les habitants de Thiaroye. Ces derniers craignent l’installation d’une justice populaire avec tout ce que cela comporte comme dérives
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