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Le principal obstacle pour un dialogue entre le président Abdoulaye Wade et la frange de l'opposition qui a décidé de boycotter les élections législatives, a été levé. Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse, Abdoulaye Bayhily et Cie auraient déjà reconnu la victoire de Me Wade. C'est, du moins, ce que croit savoir le Pr Babacar Guèye, joint par téléphone, hier. Selon l'un des principaux médiateurs pour la tenue d'un dialogue politique entre le pouvoir et les partis boycotteurs, ‘l'opposition a reconnu l'élection du président de la République Abdoulaye Wade’. Et le Pr Babacar Guèye de se faire plus précis : ‘Même s'ils (les partis membres du Front Siggil Sénégal : Ndlr) ne le félicitent pas, ils admettent qu'Abdoulaye Wade est le président de la République depuis qu'il a été installé par le Conseil constitutionnel’. Mieux, il renvoie à la lettre relative au dialogue que les partis boycotteurs ont adressée au chef de l'Etat. Et c'est pour dire que ‘ces partis ont adressé cette lettre à Abdoulaye Wade en tant que président de la République’.
Suffisant, selon le constitutionnaliste, pour se convaincre que les conditions sont réunies pour un dialogue.
Mais, le président Wade acceptera-t-il, sur la base d'une simple déduction, de revenir sur sa position ? En effet, même si leur désir de dialoguer avec le chef de l'Etat peut être considéré comme une reconnaissance implicite de sa victoire, les partis boycotteurs continuent de fustiger, dans leurs différentes sorties dans les médias, le scrutin du 25 février. Ces derniers semblent vouloir jouer sur deux tableaux : Réussir à amener Me Wade autour de la table de négociations sans pour autant reconnaître ouvertement sa victoire. Le chef de l'Etat va-t-il tomber dans la chausse-trappe ? Et puis, une certaine opinion voudrait que la conséquence logique de ce dialogue soit le report des élections législatives. Est-ce la raison pour laquelle on met les bouchées doubles pour tenir la rencontre entre Me Wade et les partis boycotteurs avant le démarrage de la campagne électorale prévue le 13 mai prochain ? Rien n'est moins sûr. Quoi qu'il en soit, du côté de la coalition Sopi 2007, on ne semble pas s'inscrire dans la logique d'un report des élections législatives. Macky Sall a installé, hier, son directoire de campagne.
Pour sa part, la société civile peut se satisfaire d'avoir joué son rôle. D'ailleurs, pour le Pr Babacar Guèye, ‘la balle est dans le camp du président de République’. Parce que, explique-t-il, ‘le président de la République est le maître du jeu, c'est lui qui doit décider’. Selon lui, les partis de l'opposition, comme ceux de la Cap 21, ont manifesté leur volonté de dialoguer, mais, insiste le Pr Guèye, ‘le dernier mot revient maintenant au chef de l'Etat. Si ce dernier le souhaite, il y aura un dialogue’. A ce propos, le constitutionnaliste renseigne que ‘la société civile a demandé à rencontrer le président de la République, mais il n'a toujours pas répondu à notre demande’.
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