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C'est une journée folle que nous de la presse avons vécue hier dans nos salles de rédaction. Presque impossible de joindre un correspondant. L'Internet qui fait fonctionner presque à 90% les organes de presse décide de nous fausser compagnie. D'ailleurs, il est à parier que des journaux de la place risquent de ne pas respecter le rendez-vous quotidien qu'ils ont avec leurs lecteurs. Et ceux qui réussiront à être sur le marché seront certainement de qualité moindre. C'est cela aussi les risques de dépendre des technologies de l'information et de la communication. Mais la journée vécue par les journalistes n'est certainement pas grand-chose par rapport à ce qu'ont dû subir tous ces nombreux Sénégalais dont les affaires dépendent exclusivement du téléphone et de l'Internet. La Sonatel n'était pas du tout obligée de nous faire subir une telle situation.
Qu'ont fait les abonnés de la Sonatel pour payer les «erre- ments» du pouvoir ? Absolument rien !
Alors le risque pour la Sonatel et ses travailleurs, c'est de perdre le peu de sympathie que les Sénégalais avaient pour eux dans le combat qu'ils mènent contre l'arrivée de Global voice. Et puis, pourquoi les Sénégalais devraient-ils désormais soutenir le combat de la Sonatel ? La réalité, c'est que toute cette agitation n'est en rien liée à la défense des intérêts des consommateurs. La Sonatel mène son combat pour sauver ses affaires. Et non pour servir les Sénégalais qui lui ont fait confiance. Une attitude qui rappelle bien cette vérité d'Adam Smith qui dit : «Il ne faut pas compter sur la bienveillance du boulanger ou du boucher pour nous servir du pain ou de la viande, mais sur leur désir de gagner de l'argent.» La Sonatel veut continuer à gagner de l'argent.
Seulement, si la Sonatel a osé poser l'acte d'hier, c'est bien parce que l'Etat du Sénégal n'a pas suffisamment pris ses responsabilités. Il a tout simplement fait preuve de faiblesse dans un moment où la fermeté devait être de rigueur. Il ne s'agit certes pas de taper aveuglement sur Massamba ou Mademba ou d'utiliser la force ou la violence contre la Sonatel. Mais, comme le dit Colin Powell, ancien secrétaire d'Etat américain, «pour diriger, il faut savoir prendre des décisions, aussi pénibles soient-elles».
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