Dans la banlieue, une partie des enfants n’a pas été vaccinée contre la poliomyélite. L’autre, l’a été une seule fois. Cette situation est causée par le manque d’informations et le refus des parents de faire vacciner leurs enfants, parce que doutant de la qualité du vaccin.
La vaccination des enfants contre la poliomyélite devient difficile dans certaines zones de la banlieue dakaroise. Beaucoup d’enfants n’ont pas pris leur deuxième vaccin. Cette situation est causée par le refus de certains parents de faire vacciner leurs enfants, par peur que ces derniers contractent des maladies. Leur comportement serait lié au renouvellement des opérations de vaccination des enfants contre cette maladie handicapante.
Durant cette période de forte canicule, des vieux jouent au damier dans une grand-place. Des enfants s’amusent à côté. Nous sommes à Golf-Sud. Assis sur un banc, Mamadou Ngom, la quarantaine, teint noir, vêtu d’un basin bleu, égrène son chapelet. Interpellé sur la vaccination des enfants contre la poliomyélite, Papa Modou, comme l’appellent ses voisins, martèle : « Franchement, je ne sais pas pourquoi on fatigue les enfants à prendre des vaccins inutiles. Si un enfant est victime d’un handicap, sachez que c’est la volonté de Dieu. Mes enfants ont reçu le vaccin une seule fois. Et l’un d’eux est tombé malade deux jours après, je ne sais pas si c’est ce vaccin qui a causé sa maladie. De toute façon, je leur ai dis de ne plus revenir chez moi. Même si l’on passe, tous les mois, à les vacciner et que Dieu décide qu’ils vivront avec un handicap, personne n’y peut rien ».
D’autres, par contre, évoquent le manque d’informations au niveau du ministère de la Santé. C’est ce qui pousse beaucoup de gens à douter de la qualité des vaccins.
Coumba Dia, enseignante dans une école primaire aux Parcelles assainies souligne : « beaucoup de femmes refusent de faire vacciner leurs enfants, parce qu’elles ne savent pas la provenance et l’effet de ces médicaments. Ici, les gens ne sont pas bien informés. Donc, il faut que l’on organise des journées de sensibilisation pour faire passer le message ».
La situation est plus marquante à Guédiawaye où beaucoup d’enfants n’ont jamais été vaccinés et ceux qui se chargent de la vaccination n’ont pas accès aux maisons. « La semaine dernière, une de mes voisines a renvoyé deux jeunes qui sont venus vacciner les enfants. J’avais vraiment honte, mais je dis qu’elle n’a pas tort. Quelqu’un qui ignore tout ce qui se passe dans la vie ne peut se laisser emporter facilement », informe Cristelle. Cette opinion est partagée par Mme Dia.
« Moi, je doute vraiment de la qualité des vaccins. Si ce sont de bons médicaments, qu’ils laissent les médecins s’en charger. C’est leur travail. Des gens déparquent chez toi et te disent qu’ils sont venus vacciner les enfants contre la poliomyélite. Ce n’est pas sûr. Au Sénégal, tout le monde fait ce qu’il veut ».
Si d’aucuns pensent que le renouvellement de la vaccination des enfants permet de mieux les protéger contre la poliomyélite, par contre, pour d’autres, cette continuation peut causer beaucoup d’effets secondaires aux enfants.
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