"Si rien ne permet pour l’instant de répondre par l’affirmative de manière catégorique, le récent passage d’une délégation des hommes de Laurent Nkunda à Dakar a mis l’interrogation sur toutes les lèvres. Au niveau de la présidence sénégalaise, c’est motus et bouche cousue sur le sujet. Mais les hommes de Nkunda, conduits par le « chargé de mission » Omar Basile Diatezwa, ont affirmé être à Dakar pour expliquer au président sénégalais la situation dans leur pays. Diatezwa a même ajouté être venu écouter les conseils du « sage » Wade. De là à dire que le mouvement serait prêt à engager de nouveaux pourparlers si ceux-ci étaient initiés par Wade, il n’y a qu’un pas… Reste à savoir comment cette visite va être perçue du côté de Kinshasa. Pour Wade, le risque est grand, en effet, de se voir classé dans la catégorie des « parrains » prompts à tirer les ficelles ou à soutenir les « rébellions ». On se souvient que ses relations avec le président ivoirien Laurent Gbagbo se sont détériorées en raison des passages et séjours fréquents, au plus fort de la crise ivoirienne, de Guillaume Soro et de ses hommes à Dakar, qui affirmaient trouver en Wade une oreille attentive et un « père » avisé. S’agissant de la RDC, Wade a déjà eu à y encaisser quelques chahuts il y a quelques années pour avoir tenté d’y jouer au médiateur. A l’époque, le pays s’appelait encore Zaïre et était dirigé par... Mobutu Sese Seko. Alors ministre d’Etat du président Abdou Diouf, Wade en avait pris pour son grade. Mais on le sait, ce sont là de trop petites considérations pour décourager le président sénégalais, qui se veut « panafricaniste » et qui pense avoir la solution à toutes les crises africaines. La preuve depuis huit ans qu’il est au pouvoir, Me Wade s’est lancé dans des médiations tous azimuts (avec des fortunes diverses), que ce soit en Guinée Bissau voisine ou plus loin comme au Soudan, à Madagascar et partout ailleurs où ça chauffe sur le continent. Mais la RDC, c’est connu, n’est pas le plus petit des morceaux.
Ça gronde dans la banlieue
Au moment on disserte sur le rôle de médiateur que Wade jouerait dans la crise de la Rdc, occulées par les difficultés de la vie quotidienne - vie chère, délestages, insalubrité, etc. - les populations de Guédiawaye, la grande banlieue dakaroise sont descendues en masse dans les rues de leur quartier début décembre pour manifester leur colère. Evidemment, en haut lieu cela inquiète, d’autant plus que cette « ville » dans la ville, fut jadis un important bastion électoral pour le Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir). Cette fois, la marche n’était pas conduite par quelques syndicalistes ou quelques politiciens mécontents, mais bien par ce que Guédiawaye compte de plus responsables et parfois de plus écoutés à savoir, les imams des mosquées, les chefs de quartiers et les notables. Les députés de la majorité sentant le feu couver ont vite fait d’y dépêcher une délégation au lendemain de la fête de Tabaski célébrée le 9 décembre, mais la presse locale a rapporté que la délégation y fut presque « humiliée », les populations ne croyant pas ou plus aux promesses des politiciens. Reste à savoir jusqu’où ira cette colère, dans la mesure où il se murmure que Pikine, l’autre « ville-banlieue » de la capitale, une sorte de jumelle de Guédiawaye, veut-elle aussi faire entendre sa voix dans les prochains jours. Affaire à suivre ! »
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