Le président Wade a demandé à l’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA) de rapatrier 4.000 milliards de FCFA de réserves qu’elle détient au niveau des trésors des pays occidentaux.
"Les pays développés peuvent garantir les bons de Trésor des pays africains pour les aider à se développer. De grâce qu’on nous ramène cet argent ce qui nous éviterait de faire le tour du monde pour mendier », a martelé Me Wade sur un ton qui a suscité des éclats de rire puissants chez les nombreux participants.
Face à une assistance apparemment collée à son discours, l’avocat-président renchérit : "la seule chose que je sais est que j’ai à l’extérieur de l’argent auquel je ne peux pas accéder". Et le président de poursuivre pour étayer ses propos en arguant que "si nous sommes raisonnables, on n’aurait pas besoin de l’argent de l’étranger" car pour lui "un tel mécanisme peut aussi être complété par une garantie mutuelle entre Etats africains pour la réalisation des projets d’infrastructures à caractère régional".
Me Abdoulaye Wade prenait part à une table ronde ministérielle organisée par la Banque Africaine de Développement (BAD) autour du thème : "L’Afrique face à la crise financière : programme d’action", en marge des 44e assemblées annuelles de l’institution bancaire africaine.
« Le système des quotas du fonds qui est basé sur la richesse parait très démocratique mais ça ne l’est pas. C’est loin de l’être. Dire qu’on prête quelque chose ou on donne quelque chose à une personne selon sa fortune c’est injuste. Je ne remets pas en cause le principe des quotas mais le Fonds monétaire international (Fmi ) peut être modifié dans un autre sens, celui des Droits de tirage spéciaux (Dts)", a souligné le président Wade
Le chef de l’Etat a également plaidé en faveur de la décentralisation de la banque vers l’Afrique . Il a par ailleurs dit ne pas comprendre que "des experts parcourent des milliers de kilomètres pour venir pendant trois quatre jours dans nos pays et repartir tirer des conclusions qui influeront sur la prise de décisions ».
A son tour, le président burkinabé, Blaise Compaoré, venu participer à la rencontre, a estimé que la crise financière ne doit pas être perçue comme une fatalité pour l’Afrique. A l’en croire, elle doit constituer une opportunité pour consolider l’intégration de nos économies nationales.
La Banque africaine de développement (BAD) est une banque multinationale de développement créée en 1964. 53 pays africains en sont membres et elle est soutenue par 24 pays européens, sud et nord américains et asiatiques.
Elle est chargée de promouvoir le développement économique et le progrès social dans les pays africains. Son siège est à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Les activités de la BAD ont été relocalisées temporairement à Tunis (Tunisie) depuis septembre 2003, après les troubles qui ont secoué la Côte d’Ivoire avec la rebellion declenchée en 2002 au nord du pays. Le groupe de la Banque africaine de développement comprend aussi le Fond africain pour le développement, crée en 1972, et le Nigeria Trust Fund (NTF), créé par le Nigeria en 1976. Le nouveau président de la Banque, le Rwandais Donald Kaberuka, a été élu le 21 juillet 2005. Il était jusque là le ministre des Finances du Rwanda. Il entame un mandat de cinq ans. Son prédécesseur Omar Kabbaj a dirigé la BAD entre 1995 et 2005.
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