XIBAR.NET (Dakar, 22 Avril 2010) - Récemment l’économiste Mobarack Lô, candidat malheureux aux dernières élections locales, avait estimé que la suppression du second tour de l’élection présidentielle ne pouvait être que bénéfique à l’opposition. Depuis, il est dans la tempête. S’il ne la connaîtra pas, le parti dénommé Bloc pour le renforcement de la démocratie au Sénégal (Brds), qui souhaite « l’amnistie totale » pour le président Wade, afin que le Sénégal reparte sur de nouvelles bases, risque de s’opposer au niet de bon nombre de Sénégalais. Car le faire, équivaudrait à ruiner le Sénégal et sacrifier la génération à venir.
Probablement que pour le départ du président Wade le Brds est prêt à tous les sacrifices. Mais, accorder une « amnistie totale » au chef de l’État, c’est faire table rase sur les 35 milliards de francs Cfa, qui ont servi à la réparation de l’avion présidentiel. Ce serait assurer l’impunité, d’autant qu’il avait avancé que l’opération n’allait rien coûter au contribuable sénégalais.
Fermer les yeux sur les agissements du président Wade serait tenter de faire oublier qu’il a été à l’origine du naufrage de 2000 Sénégalais, en septembre 2001, pour n'avoir pas payer le second moteur du bateau le Djola, à bord duquel ils s’étaient embarqués. L’hélice ne coûtait, pourtant, que 300 millions ! Que dire à leurs enfants, femmes, époux ; vis-à-vis desquels le président n’a pas tenu tous ses engagements.
Accorder « l’amnistie totale » au président Wade pour la dissolution de l’Assemblée nationale et l’organisation d’élections anticipées, c’est fuir ses responsabilités devant les milliards, 12,5 par an, que ses voyages et ceux de sa famille coûtent au Sénégal ; sans oublier les désagréments qu’ils coûtent à ses hôtes. Le faire reviendrait à conditionner des pratiques d’une époque révolue.
Accorder « l’amnistie totale » au président Wade, c’est renforcer la perversion des institutions, des valeurs positives, dont la laïcité. Amnistier Wade c’est avaliser le népotisme, la corruption et la mal gouvernance.
L’amnistie totale pour le président Wade serait un crime contre la Justice et la République. C’est dire que l’avenir, politique et juridique, des Wade ne peut être prononcé qu’au soir de la prochaine élection présidentielle. Ce sont les urnes qui la prononceront. Le Sénégal, qui a comme devise « un peuple, un but, une foi », a choisi la démocratie et le progrès. Il doit l’assumer.
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