Keur Serigne-Bi, comment ce poumon de Dakar est tombé entre les mains des mourides Lepeuple-sn.com (Dakar)-« Keur serigne-bi » est une gigantesque pharmacie informelle située au cœur de Dakar. Elle est aussi une grande maison des commerçants, un wall street décousu parsemé de médicaments douteux et fréquenté quasiment par des baol-baol. Ces derniers sont perçus comme des débrouillards qui, un jour deviendront barrons du commerce, et mastodontes de l’économie sénégalaise. Mais ce centre des affaires informelles accueille aujourd’hui toutes les origines. « Keur Serigne-bi est non seulement un carrefour commercial, elle est aussi un dortoir, un havre de paix pour les pensionnaires très solidaires », nous confie un habitué des lieux. De l’avis d’un descendant de Mohamadou Moustapha, ce ne sont pas seulement des mourides qui ont peuplé « Keur Serigne-Bi », les membres des autres obédiences y évoluent. En effet, la mythique Keur Serigne-bi, c’est toute une histoire, toute une famille et toute une génération…Fondée en 1927 par Serigne Mohamadou Moustapha Mbacké, 1er Khalif de Serigne Touba, Keur Serigne-bi est toujours habité par les membres de la communauté mouride. Pendant l’administration coloniale, elle était une niche généreuse pour la diaspora baol-baol. Les aventuriers y faisaient leur apprentissage avant se lancer dans le grand commerce. L’Etat du Sénégal l’avait exproprié après son décès à la suite d’une confuse histoire non encore élucidée. Serigne Abdoul Ahad Mbacké, à l’époque khalife général des mourides a intercédé auprès du Président Abdou Diouf qui confia ce terrain à Serigne Mbacké Madina, second fils de Mohamadou Moustapha Mbacké. Ce fut l’unique cadeau qu’il obtint des autorités étatiques. Il confia à Diouf que le meilleur service qu’il pouvait lui rendre, c’est lui retourner ce terrain tant convoité de son père avec un titre foncier à la main. Malheureusement, le marabout rend l’âme deux jours après avoir obtenu tous les documents nécessaires pour viabiliser ces parcelles. Son fils aîné Serigne Cheikh Bombaly Mbacké hérite ce vaste terrain avant d’y construire un grand appartement qui lui sert de maison retraite. Tous les ans, et précisément au lendemain de la fête de l’Achoura (Tamxarit), il y passe un rassemblement confrérique, des récitals de coran à la mémoire de son fondateur, c’est le magal dit crédit foncier. Malgré ces activités religieuses, l’enceinte reste occupée par les disciples où leur principale activité c’est la vente de médicaments. Un commerce fructueux qui fait beaucoup de nantis…Mais c’est cette terre fertile mouride que le premier ministre veut assécher pour mettre de l’ordre dans la distribution des produits pharmaceutiques. Selon une fille de Serigne Mbacké Madina, un des héritiers de ce vaste terrain, son père s’est toujours opposé à la vente de cet espace qui symbolise la solidarité musulmane.
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Auteur: Ibrahima Benjamin DIAGNE - Depeche Diplomatique
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