La création du quartier Diamagueune dans la banlieue par un dénommé Samba Dramé engendra dès le départ en 1960 un conflit foncier qui est demeuré vif 47 ans après. Mais aujourd’hui c’est surtout la pauvreté rampante qui afflige les populations.
Malgré l’hétérogénéité de la population de Diamaguène il n’y a pas de frontière ethnique. Les habitants vivent en parfaite cordialité hormis quelques querelles de voisinage relatives à des dettes. Ces petits malentendus permettent sans doute d’avoir une idée de la pauvreté qui règne dans ce quartier. En effet il figure parmi les quartiers de Dakar qui battent le record en matière de pauvreté. A en croire le vieux délégué Samba Dramé, il est fréquent de voir une famille entière dépendre d’un seul de ses membres. Ces propos sont confirmés par le jeune Omar Dieng, allias Boy Tall qui soutient que « le vrai problème de la jeunesse est l’emploi ». C’est ce qui explique d’ailleurs que des personnes s’entassent comme des sardines dans des chambres très étroites. Cette promiscuité se trouve surtout chez les jeunes et célibataires issus de l’exode rural qui ont transféré une facette de la solidarité des villages vers la capitale. En outre, un problème récurrent à Diamagueune est celui des inondations. L’inondation reste une plaie incurable à Diamagueune En période hivernale, la population patauge dans l’eau faute d’un réseau d’évacuation d’eaux usées efficace comme en atteste d’ailleurs l’état des lieux après uniquement quelques pluies. . Mansour Thioune explique le désarroi de la population : « nous sommes obligés de creuser à travers les rues pour évacuer les eaux. Dans tous les coins les gens font de même, ce qui fait que toutes les eaux vont se retrouver dans un grand trou au bord de la route d’où elles seront évacuées par une motopompe. » En dépit de toutes ces mesures les rues continuent d’être des réservoirs d’eaux. En effet il est difficile de marcher une centaine de mètre sans éviter une eau stagnante. Pour les automobilistes, le calvaire reste le même : la dégradation des voiries. Papa Mbengue est chauffeur : « de Diamagueune à Thiaroye, les nids de poule sont permanents. Il y a trop de flaques d’eau. On ne respire plus de l’air pur parce que nos maisons sont tout le temps inondées. »
Par ailleurs, l’insécurité n’est pas en reste. Même si elle est moins importante, elle préoccupe quand même la population et la police est obligée de mener fréquemment des opérations coups de poing pour assainir les lieux. Cependant, au milieu de ces ténèbres jaillissent parfois des lumières. Les femmes par exemple voient dans les ONG une issue de secours. En effet, très actives dans la vente de poisson, les femmes sont formées et financées par des ONG.
C’est pourquoi d’ailleurs elles sont actuellement très aguerries dans la conservation de certains aliments, la couture, etc. Devant toutes les difficultés vécues, elles sollicitent des autorités compétentes la construction en étage de leur marché, la création d’emplois pour les jeunes et, surtout, un réseau d’assainissement moderne afin qu’elles cessent d’être l’otage des eaux pluviales. Diamagueune est un quartier aussi vieux que la nation sénégalaise. Située dans la banlieue lointaine de Dakar près de la RN1, il a été fondé en 1960 par Samba Dramé, l’actuel chef du quartier très âgé aujourd’hui.
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