Mettant leur menace à exécution, aussitôt sortis de leur assemblée générale, les étudiants de la Faculté des lettres de l’Université Cheikh Anta Diop sont montés hier au créneau pour dénoncer leurs conditions pédagogiques. En effet, selon leur porte-parole, Mame Birame Wathie, la situation pédagogique dans cette faculté est intenable : « les amphithéâtres qui étaient conçus pour une capacité d’accueil de 1200 personnes se retrouvent aujourd’hui avec un effectif de 25000 étudiants ».
Pire, selon cette même source, plusieurs étudiants en maîtrise n’ont pas pu soutenir leur mémoire faute d’encadreurs. Et certains d’entre eux risquent de ne plus soutenir si le règlement est appliqué à cause de l’absence d’encadrement pédagogique. Une situation inquiétante qui a poussé la colère des étudiants pour qui, la seule solution pour se faire entendre c’est d’occuper les rues. Une initiative qui n’a pas été facile car les étudiants et les forces de l’ordre se sont livrés, comme à l’accoutumée, à une véritable guerre d’Intifada . En effet, pendant plus de cinq heures d’horloge (9h à 14h), l’Avenue Cheikh Anta Diop a été transformée en un véritable théâtre d’affrontements où les éléments de la police du Point E appuyés par ceux du Groupement Mobile d’Intervention( GMI) faisaient face aux milliers de manifestants. Ces derniers se défendaient comme ils pouvaient contre les jets de gaz lacrymogènes venant des forces de l’ordre.
Les étudiants n’avaient comme seuls moyens de défense que des pierres et d’es injures . Ils avaient installé, tout le long de l’avenue, comme à leur habitude des barricades à l’aide de fûts vides , de cantines renversées, de pneus brûlés et autres morceaux de pierres. Même scénario le long du couloir de la mort et l’allée menant à la direction du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD). Ainsi ils avaient réussi à bloquer la circulation. Seules quelques sirènes d’ambulances et le bruit d’explosion des grenades se faisaient entendre sur l’avenue qui est d’habitude est très passante .
Interpellés sur leur mouvement d’humeur, certains étudiants affirment que sans les grèves rien ne se résout dans ce pays. Par contre, d’autres ont soutenu que les grèves sont menées par de petits politiciens basés à l’Ucad « ce qui est sûr, disent-ils, ces gens qui veulent paralyser le système universitaire ne sont pas venus pour étudier mais ils sont là pour représenter leurs partis. ». Quelques étudiants pensent même que si certains mouvements de grèves réussissent, c’est parce que certains de leurs camarades sont naïfs. « S’il y a grève c’est parce qu’on se laisse mener par un groupuscule insignifiant qui profite de la naïveté des étudiants ». Il est à noter qu’un mot d’ordre de 72 heures renouvelables a été décrété par les étudiants de la faculté des lettres et des sciences humaines lors de leur assemblée générale d’hier qui précédée la descente dans la rue .
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