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Le directeur de l’hôtel Savana Dakar, Samba Diallo, a annoncé hier une baisse de la fréquentation des touristes dans les réceptifs hôteliers, c’est-à-dire le taux d’occupation. ‘Nous avons noté une baisse des fréquentations dans les hôtels ces trois dernières années’, a-t-il déclaré au cours d’un point de presse organisé par la Fédération des organisations patronales de l’industrie touristique du Sénégal (Fopits). Cependant, Samba Diallo s’est gardé de donner des chiffres illustratifs de ses propos. ‘Malheureusement, je n’ai pas de chiffre. Les hôteliers refusent de communiquer leurs chiffres annuels peut-être pour des stratégies de marketing. Et je n’ai pas encore eu connaissance des chiffres du ministère du Tourisme’, s’est-t-il désolé. Il s’est juste contenté de donner les statistiques de son établissement pour justifier cette tendance baissière. ‘Il n’y a pas de collecte globale de données sur l’ensemble des réceptifs hôteliers du pays. Mais, je peux vous donner celles que nous avons. Pour dire qu’en 2008, le taux d’occupation était de 57 %. En 2009, ce taux est passé à 50 %, donc une baisse de 7 %. En 2010, ce taux est de 45 %, soit une baisse de 5 %’, a-t-il noté soulignant que le pire est à venir.
L’hôtelier a qualifié ce taux de ‘catastrophique’ parce que synonyme de régression conduisant vers la fermeture. Il sera conforté dans ses propos par le président de la Fopits qui a poussé le pion plus loin. ‘Aujourd’hui, la tendance est plus à la fermeture des hôtels qu’à leur ouverture. Je donne mon exemple. Sur 5 hôtels que je détiens en Casamance, j’en ai fermé 3 parce que je ne peux continuer à supporter des pertes de milliards’, a signalé Amadou Racine Sy.
Le pire est à venir !
Sur les raisons de cette crise du secteur touristique, les mêmes problèmes ont été évoqués de manière générale. Il s’agit des questions de la taxe sur la valeur ajoutée (Tva), de la cherté de la destination Sénégal par rapport aux concurrents de la zone Afrique, de l’insuffisance des ressources allouées à la promotion touristique, de la cherté du coût des facteurs de production, de l’absence d’un crédit hôtelier, entres autres difficultés.
Le directeur de l’hôtel Savana Dakar a, quant à lui, évoqué des problèmes d’ordre concurrentiel pour justifier la tendance baissière du taux d’occupation de son établissement. Il a ainsi cité l’arrivée de deux nouveaux hôtels de luxe sur le marché sénégalais, en l’occurrence Terou-Bi et Radison Blu au moment où son vieux réceptif tarde à se faire une seconde vie pour résister à cette domination.
Comme proposition, les professionnels du tourisme demandent, outre une
amnistie fiscale de 5 ans, la réouverture immédiate du bureau de Paris.
Car, pour eux, c’est une aberration de vouloir faire la promotion de la
destination Sénégal dans le premier pays émetteur qu’est la France sans y
avoir un correspondant.
Impact des délestages sur le tourisme : Une perte sèche de 35 millions en un mois pour les hôteliers
Le vice-président du syndicat des agences de voyage et de tourisme du Sénégal (Savts) Mamadou Diallo a révélé, mercredi à Dakar, que les délestages notés ces dernières semaines ont obligé les hôtels à dépenser 35 millions de francs Cfa en un mois pour faire fonctionner les groupes électrogènes. ‘Les hôtels ont dépensé 35 millions de francs Cfa de surcoût pour faire fonctionner les groupes électrogènes en un mois’, a-t-il dit lors de la conférence de presse de la Fédération des organisations patronales de l’industrie du tourisme du Sénégal (Fopits).
Au cours de cette rencontre avec la presse, Mamadou Diallo a, par ailleurs, déploré la faiblesse des sommes allouées à la promotion de la destination Sénégal à travers le Fonds national de promotion du tourisme. Depuis des années, les ressources de ce Fonds ne dépassent pas un milliard de francs Cfa, là où des pays concurrents du Sénégal en sont à 3 ou 5 milliards de francs Cfa. ‘Il ne suffit pas d’avoir un beau pays pour que les gens viennent, il faut faire des investissements’, a ajouté le vice-président de la Savts.
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