Il est convaincu qu’il n’est pas le seul responsable du parti démocratique sénégalais (Pds), ou simple citoyen sénégalais, à vouloir se prononcer sur le retour de Idrissa Seck dans le Pds. Mais il considère qu’après ce qui s’est passé entre Me Wade et Idrissa Seck et entre Idrissa Seck et les Sénégalais, il n’a pas le droit de se taire, par respect à ses disciples. Il demande des comptes à Idy. Au nom du peuple.
Comment appréciez-vous les retrouvailles entre Me Wade et Idrissa Seck ?
Concernant le retour de Idrissa Seck au Parti démocratique sénégalais (Pds), je risque de répéter ce que j’avais dit à ce sujet au lendemain de sa rencontre avec Me Abdoulaye Wade à la veille de la présidentielle. J’avais exprimé en son temps, tout mon désaccord à ce propos. Me Wade est pour moi un père, aussi bien dans le parti que dans la vie. Et je ne l’abandonnerai jamais. J’étais avec Wade au moment où aucun chef religieux n’osait lui manifester son soutien. Donc, si aujourd’hui Wade veut renouer des relations avec un homme qui souhaitait sa perte, il faut qu’on monte au créneau pour le dénoncer. Wade a fait pour Idrissa Seck ce qu’il n’a fait pour aucun responsable libéral. Lui-même l’a dit : «C’est moi qui ai créé Idrissa Seck de toutes pièces». Donc, aujourd’hui après tout ce qui s’est passé entre eux et ce que Idrissa Seck lui a causé comme tort, même si Me Wade, en bon musulman, pardonne à Idrissa Seck, cela ne suffit pas. Il y a un autre contentieux que Idrissa Seck doit vider.
Quel est ce contentieux?
Idrissa Seck a un compte à régler avec les Sénégalais. C’est Me Wade qui a dit lui-même, au lendemain de sa victoire dès le premier tour de la présidentielle, et en public, qu’Idrissa Seck a détourné l’argent des Sénégalais. Jusqu’à présent cette affaire n’a pas été tirée au clair. Donc, je ne vois pas comment Idrissa Seck peut retourner au Pds et dans le gouvernement, alors qu’il n’a pas les mains propres. Ce n’est pas cohérent. On ne peut pas lutter contre les détournements et malversations au Sénégal et vouloir reprendre un homme qui a été publiquement accusé de détournement par le chef de l’Etat. Les Sénégalais vont se poser des questions sur cette attitude de Me Wade. C’est pourquoi je suis foncièrement contre le retour de Idrissa Seck dans le Pds. Et je me battrai contre cela. Idy doit éclairer la lanterne des Sénégalais sur cette affaire.
A vous entendre, on a comme l’impression que vous avez des problèmes personnels avec Idrissa Seck ?
Je dis et je répète que je combattrai Idrissa Seck jusqu’à la dernière minute. Parce que je n’oublierai jamais ce qu’il a fait à un de mes parents lorsqu’il était le numéro 2 du Pds. Je parle de l’affaire Khadim Bousso. Il avait seulement des problèmes avec une banque, mais il a donné des ordres pour qu’on l’arrête à tout prix, pour que lui-même se charge du reste. Et on a tous vu ce qui s’est passé par le suite, mais Dieu est grand. Donc, aujourd’hui, s’il est mis en cause dans une histoire de détournement, vouloir le faire revenir au Pds alors que l’affaire n’a pas été tirée au clair est inacceptable.
Pourtant c’est Me Wade qui a pris la décision de le faire revenir ?
Me Wade est comme un père pour nous et il nous est très cher. On ne laissera jamais quelqu’un lui causer du tort. Tout le monde commet des erreurs. Mais heureusement que Me Wade a à côté de lui des gens comme moi, capables de déceler la lumière dans l’obscurité. Je demande à Idrissa Seck d’éclairer la lanterne des Sénégalais sur cet argent avant de parler de retour.
D’habitude, les guides religieux pardonnent, mais tel ne semble pas être votre cas ; pourquoi ?
C’est vrai que je suis un guide religieux, mais les guides religieux ne sont rien sans leurs disciples, c’est-à-dire le peuple. Donc, nous sommes du côté du peuple. Et aujourd’hui, le peuple demande à être éclairé sur cet argent détourné. L’argent n’appartient pas à Me Wade, encore moins à Idrissa Seck. C’est l’argent du peuple.
N’avez-vous pas peur de représailles ?
Nous maintenons notre position. On ne peut pas avoir fait face à Abdou Diouf pendant que tout le monde était derrière lui et avoir peur de représailles ou autres. Au moment où on soutenait Me Wade, mon père et moi, aucun marabout ou chef religieux n’osait prononcer le nom de Wade. On a subi des menaces de mort, et on a craché sur 10 millions que nous offraient des personnes pour lâcher Wade. Donc, ne me parlez pas de représailles.
0 Commentaires
Participer à la Discussion