La crise multiforme qui secoue le Sénégal prend une autre tournure. Après les coupures intempestives d’électricité, les inondations et la cherté de la vie, voilà qu’un autre problème vient se greffer aux maux que vivent les Sénégalais. Les concessionnaires ont décidé de ne plus ramasser les ordures à partir de ce matin. Des odeurs pestilentielles risquent d’envahir Dakar et ses environs, bientôt engloutis par des montagnes d’ordures.
Le sale temps qui suit la pluie va s’empirer à partir de ce jour à cause des ordures qui vont joncher le long des grandes artères de la capitale et des villes de la région de Dakar. Les concessionnaires, réunis autour d’une structure dénommée Orex, ont pris la décision d’arrêter la collecte des ordures ménagères à partir de ce matin jusqu’à nouvel ordre. Selon des sources ayant participé à la rencontre qui s’est tenue, hier, «l’arrêt de la collecte des ordures est une réponse appropriée au dilatoire de l’Etat face aux exigences des concessionnaires». Ces derniers s’insurgent contre «le mépris opposé à leurs préoccupations au moment où l’Etat ne tarde pas à enrichir des étrangers pour une qualité de service moindre que celle des concessionnaires».
En effet, la goutte d’eau qui a fait déverser la colère des concessionnaires est «le décret signé par le président de la République, le 25 juin dernier, donnant ainsi le marché de la gestion du Centre d’enfouissement technique de Diass à une société italienne par entente directe». Avec comme autre faveur, «la mise à sa disposition d’une avance de 1,6 milliard de FCfa, alors que cette société n’a pas la logistique qui s’impose à une telle charge».
Les concessionnaires, qui traitent 1 600 tonnes d’ordures par jour, disent ne pas comprendre cette faveur faite à cette société au moment où les locaux ont les moyens de faire ce travail. Le président du Collectif des concessionnaires, Demba Diop alias «Diopsy», que nous avons joint au téléphone, confirme la décision prise en réunion. Non sans déplorer «le mutisme des autorités face à (leurs) préoccupations». A l’en croire, «tous les acteurs ont été saisis de la question et un mémorandum envoyé aux plus hautes autorités du pays, mais rien n’a été fait».
Outre la question liée au Centre d’enfouissement technique de Diass, les concessionnaires ont aussi évoqué le retard accusé dans le relèvement du prix de la tonne d’ordures collectées. Actuellement de 7 000 FCfa, les collègues de Diopsy avaient demandé que le taux soit porté à 17 000 FCfa. Une hausse qui se justifierait par le constat selon lequel, Veolia, qui fait le même travail, est facturé à 47 000 FCfa la tonne. «Le prix du carburant ne cesse de connaître des hausses, d’où la nécessité de réajuster le prix», disent les concessionnaires. Qui font constater que, malgré la modicité du prix, il y a un retard accusé dans le paiement des prestations. «Une situation préjudiciable au bon fonctionnement de notre service en ce sens qu’en cette période d’hivernage, Mbeubess n’est pas accessible et les camions qui s’y rendent ont besoin d’une plus grande maintenance. Ce qui fait défaut à cause des arriérés de paiement accumulés», tempêtent les plaignants.
Par ailleurs, les concessionnaires des ordures n’ont pas manqué de rappeler que le contrat de Veolia est arrivé à terme depuis longtemps. Demba Diop et ses camarades avaient juré devant les autorités de pouvoir assurer l’extension du ramassage des ordures aux autres quartiers de Dakar pour un montant inférieur à celui qui est payé à Veolia (2,5 milliards FCfa l’année)
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