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Boycotter avec toutes les conséquences politiques pour les partis ou participer aux élections législatives qui vont se tenir dans les mêmes conditions que la présidentielle du 25 février, l’opposition a hésité pendant longtemps avant de prendre une décision ferme, mais pas irrévocable. Ce, expliquent les leaders de l’opposition, au bout de neuf réunions. Pour Ousmane Tanor Dieng du Ps, "celui qui est responsable c’est celui qui n’a pas répondu au dialogue et à la concertation... avec son opposition à laquelle il (Wade) a donné un statut constitutionnel. C’est au pouvoir de répondre. S’il ne répond pas nous sommes en droite ligne de ce que fait une opposition qui mérite ce nom. Pour Tanor, "les élections ont toujours été précédées d’un dialogue" . Et d’ajouter perfide, "c’est un actif à mettre à la sagesse du président Diouf".
Pour le leader du Parti de l’indépendance et du travai (Pit), en refusant d’accéder aux réclamations de l’opposition et en les qualifiant de "tocards", imité en cela par son ministre de l’Intérieur "architecte" du système de trucage des élections", Wade a fermé et verrouillé le système". Par conséquent, "tant que le système de trucage qu’il a monté pour se jouer des sénégalais est en place, il est exclu de participer aux élections", décrète Amath Dansokho.
En écho Abdoulaye Bathily appuie son camarade de gauche : "les partis qui sont ici vont se faire entendre en dehors du parlement. Mais si les élections sont organisées dans les mêmes conditions, nous ne seront pas entendus car ce seront des élections truquées. Ils ont raffiné leurs stratégies de fraude", dit-il.
"Cela n’a pas été facile de prendre cette décision", confie Moustapha Niasse de l’Afp pour qui c’est la réponse négative de Wade et les dispositions de fraude qui ont dicté le boycott des élections législatives. Et de s’en prendre au président Wade :"il en porte la responsabilité. Nous avons des résultats farbriqués par Wade et affectés par Wade. Wade sait qu’il n’a pas gagné les élections. Le président Wade a volé les élections et il sait qu’il a volé car la définition pénale du vol, c’est la soustraction de la chose d’autrui".
Idrissa Seck de Rewmi n’est pas loin de croire que cette décision n’est pas irrévocable. "S’il (Wade) changeait d’avis, je crois que la réponse est évidente. C’est le Président qui a pris la décision de la rupture du dialogue. Il me paraît évident que s’il révisait sa position, naturellement nous allons réviser notre position", déclare le président de Rewmi.
Quant à la probable défection de la base après le boycott, les leaders se veulent rassurants et se disent confiants. En effet, "le combat implique que chacun se sacrifie. Nous n’avons pas un probléme persuasion", assure Madior Diouf du Rnd.
Pour ce qui est des stratégies de lutte de l’opposition se faire entendre et exister , les leaders de l’opposition ont assuré qu’ils ne vont "pas rester les bras croisés". "C’est un problème de stratégie. Nous n’allons pas le dévoiler tout de suite. Nous sommes mobilisés. Nous avons mobilisé nos jeunes et nos femmes. Nous attendons le jour fatidique, nous savons ce que nous allons faire. Wade se pose la même question. Vous, c’est pour informer, mais lui c’est pour autre chose", a conclu Moustapha Niasse.
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