Dans un contexte de récession économique en Europe et aux Etats-Unis, les espoirs s’estompent pour l’Afrique. Du moins, si l’on s’en tient aux prévisions de la Banque mondiale. Par la voix de son économiste en chef de la Région Afrique, l’institution financière internationale annonce l’annulation de l’aide financière en Afrique et l’impossibilité de 200 millions de jeunes Africains de trouver de l’emploi.
Le gouvernement des Etats-Unis vient d’acheter les banques américaines en difficulté pour un montant de 700 milliards de dollars - soit plus de 3 000 milliards de F Cfa - pour leur éviter une crise profonde. Une crise due à une faillite de la réglementation, a estimé, hier, au cours d’une vidéoconférence, Shanta Devarajan, économiste en chef de la Région Afrique à la Banque mondiale. Dans ce contexte de récession économique en Europe et aux Etats-Unis, le pire est à craindre dans les pays africains. Si l’on en croit M. Devarajan, «la récession économique en Europe et aux Etats-Unis risque de provoquer une diminution des recettes fiscales en Amérique et en Europe». Une situation qui aurait comme conséquence la suppression de l’aide étrangère puisque, explique l’économiste en chef de la Région Afrique à la Banque mondiale, «cette récession aura forcément des effets sur l’aide étrangère financée par des recettes fiscales». Ce qui entraînerait l’annulation pure et simple des projets improductifs dans les pays africains et la diminution des investissements qui devront trouver des pôles de croissance. Ce n’est pas tout. Pas moins de 200 millions de jeunes Africains pourraient ne pas trouver de l’emploi dans le marché du travail. Cette récession va aussi entraîner une diminution sans précédent du transfert des capitaux des migrants vers leurs pays d’origine. Toutefois, rassure Shanta Devarajan, «cette récession économique ne pourra pas affecter le secteur du textile dont on aura toujours besoin». Aussi, ajoute-t-il, la Banque mondiale reste ouverte aux Etats africains. «Nous sommes toujours prêts à aider les pays africains. Mais nous souhaitons que l’analyse dans les différents Etats soit faite par les Africains et non par les chercheurs de la Banque mondiale. En d’autres termes, face à la crise, il faut que les Africains trouvent les solutions eux-mêmes, tout en diversifiant davantage les ressources de croissance», conseille l’économiste en chef de la Région Afrique à la Banque mondiale.
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