Les faits se sont déroulés au courant de l'année 2004, au quartier Médinatoul. Ibra Sylla, qui venait juste de se marier, avait en charge l’éducation coranique d’une cinquantaine de jeunes. Debout au milieu du cercle formé par les talibés, le maître coranique ne savait pas que ce jour, un de ces jeunes disciples allait rejoindre l’au-delà du fait de ses propres actes. En effet, ce jour, le jeune Gallass Guèye a commis une bourde que le maître ne pouvait digérer. Il s’en est suivi une bastonnade qui a occasionné au talibé une blessure au dos. Cette blessure, en l’absence de soins, s’est infectée et a entraîné la mort du jeune Gallass Gueye. Au moment des faits, celui qui est désigné comme le doyen du daara était absent des lieux. C’est à son retour, 3 jours après les faits, qu’il a été informé. Son premier geste a été d’acheminer l’enfant au centre de santé. Mais c’était sans compter avec la volonté divine. Gallass Guèye devait rendre l’âme. Conscient de la gravité de l’acte qu’il a commis, le maître coranique part se réfugier à Kaolack. C’est dans la capitale du Saloum que les gendarmes l’ont trouvé pour procéder à son arrestation. Après 4 ans de détention préventive, Ibra Sylla est renvoyé, par ordonnance du juge d’instruction, devant le tribunal correctionnel de Diourbel pour répondre du délit de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Il a été extrait de sa cellule pour être jugé, hier mardi 5 février 2008. Lors de l’interrogatoire d’audience, le prévenu a reconnu les faits, sollicitant la clémence du tribunal. Il a soutenu avoir donné des coups au jeune talibé, mais n’avait pas l’intention de le tuer. «C’est la volonté divine», dira le maître coranique. Les parents de la victime disent s’en remettre à Dieu. Ayant qualifié les faits de coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner, le procureur a requis une peine d’emprisonnement ferme de 3 ans et 50000 FCFA d’amende. Un réquisitoire jugé très sévère par la défense. Me Ndiaye, avocat de la défense, a qualifié les faits de regrettables car son client, présenté comme un homme calme, a voulu bien faire sans pour autant mesurer la gravité de son acte. Il a demandé, par conséquent, qu’une application bienveillante de la loi soit faite au jeune maître coranique Ibra Sylla âgé de 24 ans. Délibéré au 19 février.
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