La Constitution du Sénégal a été touchée et retouchée à plusieurs reprises. Les nombreuses modifications peuvent être assimilées à des tatônnements ou à des tripatouillages.
En dix années, la Constitution sénégalaise n’a jamais été autant touchée et retouchée par le chef de l’Etat. Tel un magicien devant des spectateurs médusés, Me Abdoulaye Wade n’a cessé de modifier des lois. Et à plusieurs reprises, le “pape du Sopi” a eu recours à la Constitution pour régler des questions bassement politiques. C’est, par exemple, la modification survenue avec la Loi constitutionnelle n° 2008-32 du 07 août 2008 portant création du Conseil économique et social (Ces). Pour caser sa clientèle politique, Wade a retouché la Constitution. En tout et pour tout, plus d’une dizaine de fois, la loi fondamentale a subi des modifications.
Le 7 janvier 2001, c’est le référendum, troisième du genre depuis que le Sénégal est indépendant. Wade a ramené le mandat présidentiel de 7 à 5 ans et les prérogatives du président de la République sont élargies. Désormais, il peut dissoudre l'Assemblée nationale. Le nombre de députés est réduit de 140 à 120. Le Sénat est supprimé. Après ce référendum, Wade va s’adosser sur l’Assemblée nationale pour opérer tranquillement ses modifications. Il commence avec la Loi n° 2003-15 du 19 juin 2003 portant révision de la Constitution et instituant un Conseil de la République pour les Affaires économiques et sociales (Craes). C’est ensuite avec la Loi n° 2006-37 du 15 novembre 2006, modifiant l’article 33 de la Constitution, permettant le vote des corps militaires et paramilitaires. Toujours préocccupé par les élections, Wade modifie l’article 34 de la Constitution avec la Loi constitutionnelle n° 2007-19 du 19 février 2007.
Pour caser ses nouveaux alliés, le “pape du Sopi” crée le Sénat avec la Loi constitutionnelle n° 2007-06 du 12 février 2007. Et organise son mode de fonctionnement avec la Loi constitutionnelle n° 2007-26 du 25 mai 2007. Par la suite, le président de la République modifie les articles 7, 63, 68, 71 et 82 de la Constitution avec la Loi constitutionnelle n° 2008-30 du 07 août 2008. Pas satisfait du Craes, Wade le suprime avec la Loi constitutionnelle n° 2008-31 du 07 août 2008, mais fait revenir le Conseil économique et social (Ces) avec la Loi constitutionnelle n° 2008-32 du 07 août 2008. Me Wade continue dans le renforcement de ses pouvoirs avec la Loi constitutionnelle n° 2008-33 du 07 août 2008, modifiant les articles 9 et 95, et complétant les articles 62 et 92 de la Constitution ; la Loi constitutionnelle n° 2008-34 du 07 août 2008 portant révision de la Constitution. Wade revient sur la durée du mandat du président de la République. Il l’augmente de deux ans (passant de cinq à sept ans), renouvelable une seule fois, avec la Loi constitutionnelle n° 2008-66 du 21 octobre 2008. Wade renforce l’Assemblée nationale avec la Loi constitutionnelle n° 2008-67 du 21 octobre 2008 portant modification de l'article 62, alinéa 1er de la Constitution. Last but not least, Wade instaure le poste de vice-président de la République avec la Loi constitutionnelle du 15 juin 2009
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